Mise à jour le 12 juillet
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Vendredi 18 août 2017 18:34 (Paris)

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Élections frauduleuses en Haïti : Monsieur l’ambassadeur, ça ne passe pas ou ça casse ! « Notre plus grande gloire n’est point de tomber, mais de savoir nous relever chaque fois que nous tombons. » (Confucius)

Pourquoi faut-il continuer à s’égosiller jusqu’à perdre la voix pour expliquer à « qui ne veut point l’entendre » que la caque des joutes électorales du 9 août et du 25 octobre 2015 sent le hareng de la fraude massive ? Et non d’irrégularités graves comme l’indique le rapport final mitigé de la Commission d’Évaluation électorale indépendante ! Gaspiller de la salive et de l’encre pour supplier la présidence rose, le gouvernement d’Evans Paul, le Core Group de Sandra Honoré de reconnaître et d’admettre des crimes qu’ils ont minutieusement préparés et perpétrés aux préjudices de la Nation haïtienne paraît stupide et aberrant. Les différents conspirateurs ne viendront jamais faire leur mea maxima culpa en public. Ils savent ce qui les attendrait dans un système de société où la Charte constitutionnelle dont se dote le peuple pour se gouverner régit réellement le mode de fonctionnement de l’État. Certains coupables iraient en prison. Et d’autres seraient déclarés persona non grata et traduits selon les procédures internationales devant les tribunaux aux fins que de droit. La loi électorale de 2015 sanctionne sévèrement les contrevenants :

Par : RTVC

« Article 121.1.- Aucun fonctionnaire ou autorité publique ne peut utiliser les matériel et ressources de l’État pour se livrer à des activités de propagande électorale en sa faveur ou en celle d’un ou de plusieurs candidats, partis ou groupements politiques, sous réserve de sanctions prévues par le présent Décret. »

Les châtiments prévus pour ces cas sont clairement établis dans les dispositions des articles qui suivent :

« Article 204.- Est puni d’un emprisonnement de trois (3) à cinq (5) ans et d’une amende de cinquante mille (50,000) à cent cinquante mille (150,000) gourdes, le fait par tout agent de l’autorité publique, y compris les fonctionnaires électoraux, de :

a)Se livrer à une activité de propagande électorale en faveur d’un ou de plusieurs candidats, d’un ou de plusieurs partis ou groupements politiques ;

b) Faciliter l’utilisation de matériel, bien ou véhicule de l’État pour servir à la campagne électorale d’un ou de plusieurs candidats, d’un ou de plusieurs partis ou groupements politiques.

Article 205.- Lorsque le délit prévu à l’article précédent est commis dans le cadre de l’exécution d’un plan dans tout le pays ou dans plusieurs endroits du pays, la peine d’emprisonnement encourue est doublée ainsi que l’amende. »

Et alors, pourquoi doit-on continuer à s’épuiser en ressassant les explications sur l’ampleur et la gravité des magouilles clissées par Pierre-Louis Opont en faveur de PHTK, de Bouclier et de KID ? N’avons-nous pas affaire à des bandits entêtés ? Irraisonnables. Sans jugement. Sans appartenance nationale. Sans solidarité patriotique. Sans scrupule. L’âme de ces énergumènes transporte la mauvaise foi et l’égocentrisme de Gnathon, le personnage atypique de Jean de La Bruyère :

« Il embarrasse tout le monde, ne se contraint pour personne, ne plaint personne, ne connaît de maux que les siens, que sa réplétion et sa bile, ne pleure point la mort des autres, n’appréhende que la sienne, qu’il rachèterait volontiers de l’extinction du genre humain. »(1)

Les journaux influents des États-Unis ont crié au scandale devant le cynisme et l’audace des fraudes enregistrées durant les deux journées du déroulement des scrutins. Le chef cuisinier Pierre-Louis Opont, comme il l’a fait pour les élections précédentes qui ont conduit le pays à cette bêtise, a avoué sous l’effet de sa « viciosité » qu’il a servi des plats infects et indigestes. Comme à son habitude, Opont a reconnu et admis indirectement – et là, il faut vénérer sa franchise – que les structures qui supportent les opérations électorales sont sabotées au sommet et à la base. Et qu’elles ne pourront pas se dérouler de manière légale et constitutionnelle. Pierre-Louis Opont, en langage diplomatique, admet l’échec et l’incompétence de l’institution qu’’il dirige et qui est investie du mandat de réaliser des élections honnêtes et crédibles pour le renouvellement des gouvernants aux différents échelons de l’État. Partant de pareilles constatations, l’atmosphère de crédibilité qui puisse inspirer confiance aux acteurs politiques ayant pris part aux scrutins est définitivement cyanurée. Il faut appliquer les articles 211, 216, 217, 218, 218.1 contre la présidence, la primature, le PHTK et son candidat qui ont détourné par des moyens frauduleux les deux scrutins aux avantages de leurs clans politiques. L’article 218.1 va même très loin. Outre le paiement des amendes et la prison, il recommande la « révocation du fonctionnaire » qui fait l’objet par devant les tribunaux compétents d’un verdict de culpabilité. Constatez :

« Article 216.- Aucun auteur d’infraction au présent Décret, arrêté soit sur procès-verbal dressé dans un Bureau de vote, soit sur ordre d’une autorité judiciaire, ne peut bénéficier de liberté provisoire.

Article 217.- Lorsque les infractions prévues à la présente section sont commises dans le cadre de l’exécution d’un plan dans tout le pays ou dans plusieurs endroits du pays, la peine d’emprisonnement ou amende encourue est doublée.

Article 218.- Aux peines prévues pour les infractions spécifiées dans le présent décret, doit être ajoutée celle de la perte des droits civils, politiques pendant cinq (5) ans au moins et dix (10) ans au plus, s’il s’agit d’un citoyen non fonctionnaire ou candidat.

Article 218.1.- Dans le cas d’un fonctionnaire, il sera révoqué sur le vu du jugement ayant acquis l’autorité de la chose souverainement jugée. »

Le président de la République est un fonctionnaire de l’État, le citoyen – nous hésitons à ajouter haïtien – qui est placé au plus haut sommet de la société. Il n’est dispensé en aucun cas des peines prévues aux énoncés précités, tirés du texte de Loi qui sert de boussole à l’institution électorale.

Des témoignages solides venant de plusieurs votants corroborent les rumeurs de l’implication de la Croix-Rouge haïtienne, de la police nationale, dans l’organisation du complot qui visait à « manufacturer » la victoire – et encore, dès le premier tour – du « pupazzo » Jovenel Moïse. Durant la journée du 25 octobre 2015, les ambulances rompaient avec leurs tâches de transporter des malades et des morts à l’hôpital, pour se mettre au service des « Capelli rasati » (Crânes rasés). Elles ont déversé dans les bureaux de vote des urnes bourrées de bulletins cochés en faveur de la marotte des plantations de bananes de Fiona, la princesse au cœur d’airain, l’épouse du Shrek de la Caraïbe.

Des organismes de défense des droits humains, des secteurs des sociétés laïque et religieuse, des professeurs, des étudiants, des élèves manifestent plusieurs fois par semaine pour exprimer leur désaccord avec la grossièreté d’un groupe de bandits qui s’octroient un pouvoir politique absolu, en dehors des normes et des préceptes constitutionnels. Le mouvement politique de Maryse Narcisse n’est-il pas arrivé à faire sauter les verrous du bunker électoral et à exposer les corps du délit flagrant sur la place publique ? La Fanmi Lavalas - il faut le reconnaître - a marqué pour cette fois un bon point. Cependant, l’histoire oubliera-t-elle sa présence inutile et naïve à la table des « tronçonneurs de la démocratie » à El Rancho. La politique est loin d’être la « science du tâtonnement et de l’hésitation ».

Et puis, cette affaire scandaleuse d’argent qui serait versé à trois membres du Conseil électoral provisoire de Pierre-Louis Opont par des compétiteurs, dans l’intention d’ « acheter » les résultats du vote dans leur circonscription respective. L’ex-sénateur de la République, ancien président de l’assemblée nationale, ex-candidat à la présidence, Simon Dieuseul Desras a été le premier citoyen à vendre la mèche. Yolette Mengual, Vijonet Démero, Lourdes Édith Joseph rejettent les allégations qui veulent faire croire qu’elles ont ouvert une échoppe sur le dos de l’institution électorale. Seraient-elles effectivement, ainsi que des juges du BCEN, des bénéficiaires de largesses monétaires illégales et répréhensibles de la part de quelques candidats insignifiants, mais bons corrupteurs et généreux payeurs ? En attendant que les tribunaux compétents tranchent cette affaire abracadabrante, nous sommes obligés de jouer de la prudence et d’éviter de sombrer aux tentations des jugements précipités. Cependant, là encore, la Loi électorale est sans pitié, si l’on se réfère aux articles suivants :

« Article 211.- Est puni de la peine des travaux forcés à temps et d’une amende de cinq cent mille (500,000) à un (1) million de gourdes, le fait par tout fonctionnaire électoral ou individu chargé de recevoir, de compter les inscrits ou de dépouiller les votes, ou toute autre personne, soit de falsifier les procès-verbaux, les listes d’émargement, les feuilles de comptage, les bulletins, soit de soustraire des bulletins de la masse ou d’y ajouter, soit de lire un nom autre que celui qui y est écrit.

Article 211.1.- Est puni des mêmes peines criminelles, le fait par tout fonctionnaire électoral ou tout individu chargé du déroulement des opérations de vote, de Modifier frauduleusement la liste électorale de quelques manières que ce soit. »

L’institution de la Croix-Rouge, elle-même éclaboussée par les manœuvres malhabiles du « tripatouillage » électoral, n’est pas catholique. La branche haïtienne, de son côté, a toujours évolué sous l’influence des gouvernements anciens et nouveaux. Y compris celui des Duvalier. Qui oublient déjà les critiques acerbes que la Croix-Rouge américaine a essuyées dans la presse étrangère en rapport aux 500 millions de dollars qu’elle a collectés en faveur des sinistrés du séisme du 12 janvier 2010 et qui sommeillent jusqu’à présent dans ses fonds fiduciaires. L’argent amassé sous forme de dons ne s’est pas rendu à bon port, alors que le peuple haïtien devient chaque jour plus nécessiteux. Après six années où le ciel déversait ses entrailles sur Port-au-Prince et ses environs, les tentes qui abritent les « homeless »(sans-abris) ne sont pas disparues entièrement. La saison pluvieuse demeure une véritable source de nuisance, de tribulation et de persécution pour les familles sans logement. Les pauvres et malheureuses gens qui ont eu la malchance de naître sur cette portion de terres convoitée par les néocolons ne trouvent plus la force de « tirer le diable par la queue ». Et même la Croix-Rouge se montre impassible et injuste envers leurs douleurs. Dans sa rubrique économique (2) du 4 juin 2015, France 24, la chaîne des nouvelles continues qui émet depuis Paris dénonçait :

« Une enquête du site d’investigation ProPublica et de la radio publique américaine NPR s’interroge sur l’utilisation par la Croix-Rouge américaine des 500 millions de dollars levés après le séisme dévastateur à Haïti en 2010. L’ONG a « récolté un demi-milliard de dollars et n’a construit que six maisons sur place en cinq ans », résume de façon provocatrice ProPublica. Au niveau international, la Croix-Rouge, contactée par France 24, reste solidaire de sa branche américaine. Pour ProPublica et la radio publique américaine NPR, qui ont pu consulter des documents et communications internes, la Croix-Rouge américaine a alterné entre échecs et incompétence dans les chantiers qu’elle a lancés dans le pays depuis cinq ans. Un tableau d’autant plus sombre que cette ONG est celle qui, de loin, a récolté le plus d’argent après le séisme. Elle reste, actuellement, le principal bénéficiaire de la générosité des Américains et, à ce titre, devrait faire preuve d’une transparence exemplaire. »

Le régime patenté de l’incompétence, de la corruption, de l’assassinat, du vol se targue de réalisations sociales et économiques à dimensions colossales, comme l’érection du viaduc de Nazon et de Delmas, les distributions des « plats pourris » dans le cadre de « Ti manman cheri » etc. Les ambassades et les Organisations non gouvernementales (ONG) ont renforcé leurs réseaux d’espionnage sur le territoire national depuis l’exil de Jean-Claude Duvalier en février 1986. Elles détiennent de précieuses informations qui échappent même aux autorités gouvernementales qui ne pensent qu’à vider les caisses de l’État. Elles savent que les ragots de propagande des narcotrafiquants politiciens sont cousus de « fil blanc ». Qui à travers la planète n’a pas remarqué qu’Haïti a déjà touché le fond du puits ? Qui, quelque part dans l’univers, n’a pas entendu parler d’un peuple brave, ruiné, appauvri, dépouillé par la France, l’Espagne, l’Angleterre, les États-Unis, et qui disparaît lentement dans son océan de pauvreté, de mendicité et d’humiliation, pendant que les puissants « seigneurs » oligarques ricanent en lui tendant une main fausse. Les défis qu’impose la remontée d’Haïti vers un minimum de régénérescence sociale et économique profilent une complexité de taille éléphantesque. En toute franchise, il ne fallait pas espérer que ces « blancs déclassés » qui trouvent eux-mêmes leur pain quotidien en acceptant d’exercer une fonction diplomatique dans les zones périphériques défavorisées allaient se préoccuper avec humanité et compassion du mode de vie dépérissante des indigènes. N’avons-nous pas observé avec étonnement les excès copulatifs entre Pamela White et le pouvoir du 14 mai 2011 ? La « diplomate » de Barak Obama déambulait sans gêne, bras dessus bras dessous avec Laurent Lamothe, le cerveau des pilleurs de tombes, à travers les rues de la capitale.

Ça ne passe pas ou ça casse, Monsieur l’ambassadeur

Les « délires névrosés » du nouveau dirigeant de l’ambassade des États-Unis à Port-au-Prince, Peter F. Mulrean, ont occasionné des jets de colère et de révulsion dans toutes les couches de la société. Depuis la diffusion de l’entrevue accordée par le chef de la mission diplomatique des États-Unis à Radio Quisqueya, des riverains présentent des symptômes d’une crise de nerfs. Cependant, en toute franchise, à quel contenu de discours politique ces compatriotes s’attendaient-ils de la part d’un envoyé spécial et représentant de la Maison Blanche, du Département d’État et du Pentagone à Port-au-Prince ? Depuis 2 décembre 1823, par la doctrine arrogante et prétentieuse de James Monroe, la République d’Haïti devint officiellement le « backyard » des États-Unis, avant même que le gouvernement d’Abraham Lincoln le 5 juin 1862 – l’abolitionniste de l’esclavagisme sudiste – reconnût son indépendance et sa souveraineté ?

Les ambassadeurs états-uniens accrédités à Port-au-Prince sont loin d’être des enfants de chœur. Ils ne sont pas venus chanter dans la chorale du cardinal Chibly Langlois. Ils sont tous des durs à cuire qui disposent d’une « roadmap » (feuille de route) impressionnante. Peter F. Mulrean a occupé des fonctions diplomatiques dans les régions les plus explosives de la planète. Dans une notice biographique mise en ligne par l’ambassade des États-Unis, l’homme est présenté comme un expert de la politique des Balkans et du Moyen-Orient. Il a servi son pays, entre autres, en Afghanistan, au Maroc, en Tunisie, le pays où le Printemps arabe émergeait pour la première fois. Peter F. Mulrean parle le français, le néerlandais, le serbo-croate. Bizarre, le polyglotte a également dispensé des cours d’anglais au Japon et en Chine. Un américain diplômé des sciences politiques qui part enseigner la langue de Shakespeare en Chine ? Cette affaire pourrait dépasser l’entendement et mériter même trois points d’exclamation !!!

Arrêtons-nous un instant pour creuser même sommairement la question de l’insuffisance de preuve qui argumente les propos déplacés et inappropriés de Peter F. Mulrean, quand il somme de manière cavalière la présidence des Tèt Kale de poursuivre le processus de vote en vue de rendre possible l’installation d’un nouveau régime de gouvernance à la tête du pays le 7 février 2016 ! Avant même la remise du rapport de la fameuse Commission d’Évaluation de Rosny Desroches et consorts, le premier palier de l’exécutif vient effectivement de fixer le dernier tour des présidentielles à la date du 17 janvier 2016.

Sans vouloir blesser l’orgueil des médias locaux, la presse haïtienne ne dispose pas tout à fait des ressources humaines et techniques qui lui permettraient de s’adonner à l’exercice du journalisme d’enquête. Son fonctionnement quotidien reste trop dépendant des faits divers, des communiqués et notes de presse émanés des milieux de la politique où se pratique surtout la désinformation. C’est un « savoir faire » qui est transmis dans les facultés de communication où sont enseignées les presses parlée, écrite et télévisée. Dans le cinéma documentaire, Dziga Vertov a inventé le « Ciné-œil ». La technique consiste à promener sa caméra un peu partout jusqu’à ce que se produise un événement qui mérite d’être fixé sur la pellicule. Cette approche méthodique évoque le « Kino-Pravda » ou « Cinéma-vérité ». Nous vous référons au film L’homme à la caméra de Vertov, réalisé en 1929. La télévision utilise le même procédé de captation d’images pour découvrir des « scoops ». Se positionner afin de tout filmer ou enregistrer relève da la prévoyance journalistique. Les grandes chaînes disposent leurs caméras et leurs micros comme les chasseurs posent leurs pièges dans la forêt. Les paparazzi en font de même. On les surnomme des chasseurs d’images. Le journaliste d’enquête, parfois, va même compléter sa formation avec des cours en criminologie.

Beaucoup d’acteurs politiques, certes, sont venus raconter leur mésaventure électorale sur les ondes des médias. Mais les malversations reprochées à Pierre-Louis Opont et à son équipe n’ont pas fait l’objet d’enquête médiatique rigoureuse. Les accusations de fraudes n’ont pas été reconstituées aux moyens du son et de l’image. Cela ne veut pas dire que les crimes n’ont pas été commis. Les observateurs nationaux indépendants ont publié des rapports accablants pour Pierre-Louis Opont et sa clique de mercenaires. Dans les situations de crime de lèse-société, la presse, sans être une indicatrice de police, est appelée à jouer un rôle de corollaire de la « Justice ». Certains dossiers délictuels ou criminels classés longtemps déjà par la police sont quelquefois rouverts et élucidés grâce aux révélations pertinentes faites par des professionnels de la presse dans le cadre d’une enquête journalistique scientifique. Cette technique se pratique par la relation de confiance établie avec des sources anonymes crédibles, par l’infiltration des institutions privées et publiques, par l’utilisation intelligente des caméras ou des micros cachés, comme dans un film d’espionnage. Nous avons nous-mêmes réalisé un dossier de reportage à l’hôpital de l’Université d’État d’Haïti avec micros cachés qui a provoqué la démission du ministre de tutelle de l’époque et la révocation du directeur général de l’institution sanitaire.

Le « club des roses » a préparé son entrée en scène

Stanley Schrager, diplomate américain en poste en Haïti durant la période du premier coup d’État contre la présidence de Jean Bertrand Aristide vit actuellement en Floride. Au cours d’une entrevue radiophonique, il a révélé à notre micro qu’il était présent en Roumanie, lorsque Nicolae Ceausescu et son épouse Elena furent renversés en 1989 et exécutés, après sa condamnation par un tribunal populaire. Aux Philippines également, à la destitution de Ferdinand Edralin Marcos, il était sur place. Nous avons ajouté ironiquement : « On vous retrouve toujours là où il y a les points chauds. Décidément, vous semblez porter malheur au dictateur que votre pays n’apprécie plus et rejette. »

Des politiciens haïtiens simplistes ont toujours pensé que l’arrivée du régime politique des Tèt Kale au sommet de l’État haïtien correspond à un heureux hasard. À l’époque où Raoul Cédras et Michel François faisaient la pluie et le beau temps en Haïti, Stanley Schrager dirigeait la branche haïtienne de la CIA. Les directives pour le Front Révolutionnaire Armé pour le Progrès d’Haïti (FRAPH) émaneraient notamment de cet homme disgracieux, au visage froid et dur. L’actuel président de la République travaillait sous son autorité, en qualité de membre influent de FRAPH. Toutes les manifestations anti-aristidiennes étaient animées par le groupe musical Sweet Miky. Ces prestations « mardigrassiennes » qui faisaient déhancher les antilavalassiens à la traîne des tortionnaires Michel François, Emanuel Constant, Louis Jodel Chamblain n’étaient pas gratuites. La danse folklorique « croiser-le-huit » organisée sur une base hebdomadaire était financée par des bourses occultes qui se retranchaient dans les locaux bien gardés de certaines ambassades hostiles aux idées d’autodétermination des peuples du Sud.

Stanley Schrager aurait parrainé, lui aussi, le « mouvement rose ». Haïti Press Network a rapporté les déclarations du diplomate retraité :

« J’ai passé beaucoup de soirées en sa compagnie dans les hauteurs de Port-au-Prince. Il apportait toujours une bouteille sur la table au milieu de nous. Nous discutions longuement de la politique en Haïti et une fois il m’a parlé de ses ambitions politiques, mais naturellement j’ai pensé que c’était illusoire. »(3)

Après avoir reçu l’appel de la fondatrice de « Ti Manman chéri » qui l’informait que le grand jour était enfin arrivé, Schrager a écrit :

« Au début j’ai pensé qu’il ferait un président terrible pour Haïti. Aujourd’hui je pense différemment et j’espère qu’il sera le prochain président d’Haïti. Il pourrait-être le dernier espoir de ce pays ignoré et désespéré. »(4)

Les « culottes roses » ont appliqué Jean de La Fontaine à la lettre : « Rien ne sert de courir, il faut partir à point. »

Parlons fort, mais parlons bien

Peut-on faire de la confiture saine avec des oranges pourries ? Que pouvait-on espérer de Pierre-Louis Opont, le fidèle et inséparable compère de Gaillot Dorsainvil ? Ensemble, guidés et soutenus par l’OEA, ils ont intronisé en 2011 à Port-au-Prince une famille de « butineurs ». Des escrocs suceurs. El Rancho réunissait une horde de « magouilleurs diplômés ». En acceptant de donner naissance par césarienne à ce Conseil électoral provisoire dans la controverse politique la plus complexe, l’Église catholique, les sectes protestantes, la société civile, les organismes des droits humains, les groupements politiques savaient pertinemment qu’ils étaient en train de prendre la dictée des « têtes brûlées » venues du Nord qui complotent contre Haïti, leur pays. Les résultats décevants du 9 août et du 25 octobre 2015 ne sont-ils pas les conséquences directes de cette tromperie consciente ? Aujourd’hui, nous comprenons mal l’obstination des politiciens réunis au sein du G8 à vouloir garder dans le salon du peuple le cadavre des scrutins décriés et rejetés. Il est temps d’enterrer la bêtise avec ses géniteurs. Pas de compromis possible, pas de consensus avec le « Diable » ! Le rapport faiblard, mi-figue mi-raisin de Rosny Desroches et de ses pairs ne doit rien changer dans le cahier des revendications et des exigences citoyennes : l’invalidation des deux scrutins ; la prison ferme pour tous les fraudeurs. « Il faut laisser les morts ensevelir leurs morts. » Ces enfants de la perdition et de l’immoralité ne méritent pas de la patrie. Stendhal avait raison : « À vouloir vivre avec son temps, on meurt avec son époque. »

La camarilla diplomatique qui se prélasse sur les plages d’Haïti, qui corrompt les jeunes filles et les jeunes garçons des quartiers nécessiteux, ont monté un vaste complot de coup d’État par les urnes avec la ferme intention de maintenir les Haïtiens dans le mal-vivre. Nous ne sommes même pas tout à fait au courant des dégâts causés par les malades pédophiles de la Minustah dans le corps sociétal haïtien. Nos garçonnets et nos fillettes des bidonvilles auraient certainement des faits tragiques à révéler à la presse locale et aux organisations des droits de l’homme. Ces monstres ont abusé des gamines et des gamins dans des pays africains pour un petit bol de « riz blanc ».

Ils détruisent les enfants physiquement et psychologiquement. Ils ne construisent pas. Partout dans le Sud, ils foutent le bordel. Rappelons-nous les paroles de sagesse du président cubain à René Préval : « Nous ne donnons pas des surplus alimentaires dont nous voulons nous débarrasser. Nous partageons ce que nous avons avec nos amis, nos frères et nos sœurs. » Fidel, Raul, Chavez appellent les Haïtiens leurs sœurs et leurs frères. Les occidentalistes les qualifient de partenaires. Car eux, ils personnifient les « dieux » aux yeux bleus et verts. Ils font partie de la grande famille de la race aryenne. Ils sont seulement attirés par les richesses souterraines d’Haïti : or, plutonium, iridium, pétrole, bauxite… Ils volent et pillent, pendant que les paysans de Jean-Rabel, de Bombardopolis, de Terrier-Rouge, de Trou-du-Nord… crèvent. « Battent l’eau pour en faire du beurre. » S’expatrient. Périssent en mer.

Il est temps pour les Haïtiens de tourner la tête ailleurs. Vers des pays qui leur ressemblent, qui les respectent, qui les comprennent, qui ne les humilient pas, et qui seraient prêts à les aider à se hisser sur les rails du développement durable. Que les États-Unis, la France, le Canada, l’Espagne, le Japon, l’Italie, etc., menacent Haïti d’embargo, comme Cuba en souffre depuis 1959, ou comme Israël traite la Palestine, qu’a-t-elle encore à craindre et à perdre, lorsque la misérable a déjà tout subi et tout perdu ? Ne lui ont-ils pas enlevé cruellement le manteau et la tunique ? Ne l’ont-ils pas dépouillée de tout ? Que reste-il de sa souveraineté et de son indépendance ? De ses richesses naturelles ? Qu’est-il advenu des enfants que l’adoption internationale lui a enlevés et qui, devenus adolescents dans la maison de Potiphar, pleurent de nostalgie, d’abandon et de désespoir ?

Tous les peuples de la terre fraternisent. Ils sont différents de leurs dirigeants politiques qui copulent avec le capitalisme monopoliste, qui adhèrent à la philosophie économiciste. Au lendemain du violent séisme qui a dévasté Port-au-Prince et occasionné plus de 300 000 décès, les citoyennes et citoyens canadiens, américains, français, cubains, vénézuéliens, brésiliens… ont fait montre d’une générosité sans précédent envers Haïti. La solidarité entre les peuples existe. Et elle est sincère.

Les puissances internationales traitent les Haïtiens comme des bêtes sauvages. Ils ne les considèrent pas comme des êtres humains qui pensent, réfléchissent et agissent lucidement en fonction de leur avenir. Pour eux, ces filles et fils d’esclaves ne sont pas doués de raison. Et que dire des antipatriotes qui cultivent leur pays pour moissonner de l’argent sale et pour exercer le pouvoir personnel !

Jésus disait à Marthe qui l’accablait de reproches : « Ton frère est mort afin que la gloire de Dieu se manifeste. »

La République d’Haïti attend dans son « tombeau » la forme de « Résurrection » que l’histoire lui apportera.

Robert Lodimus


Notes et références :

1.- Jean La Bruyère, Les caractères, 1688 – 1696.

2.- France 24, Reconstruction à Haïti, le travail de la Croix-Rouge épinglé, 4 juin 2015.

3.- Frantz Alcéma (USA), Haiti Press Network, 23 février 2011.

4.- Frantz Alcéma, Haïti Press Network, 23 février 2011.




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