Mise à jour le 15 septembre
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Vendredi 24 octobre 2014 12:16 (Paris)

"Parfum de chêne" souffle au Festival de films sur les droits de la personne de Montréal et trace l’exemple d’un couple héroïque

« Les plus belles choses ont les pires destin. »

Marie Flore DOMOND

La projection n’était pas encore débutée que l’assistance criait « chapeau, chapeau ! » Cela ne pouvait pas être la manifestation d’un quelconque compliment. Elle s’adressait en fait au directeur général de l’événement, monsieur Frantz Voltaire qui venait de hisser l’estrade, mais coiffé d’un chapeau bien enfoncé sur la tête comme le légendaire acteur, Alfred Bogart.

Il faut croire que le public n’entendait pas jouer au secret polichinelle. L’homme bien connu, s’était tout à coup transformé en mystérieux personnage. Trêve de plaisanterie. Je voulais simplement vous décrire brièvement une petite ambiance d’amusement de la première canadienne du film PARFUM DE CHÊNE du réalisateur Cubain : Rigoberto Lòpes Pego. Il serait pratiquement indécent de se laisser aller trop longtemps sur une problématique aussi grave que la lutte pour les droits et libertés de la personne engendrée par le racisme. De plus, la portée dramatique du long métrage de 123 minutes est à faire dresser les cheveux sur la tête. Il est tout de même étonnant d’apprendre que le répertoire des films à caractère raciste soit si mince que les organisateurs étaient contraints d’élargir la thématique jusqu’au droit de l’homme. Dommage que l’œuvre de Robert Morin, le Nèg ne figure pas dans la programmation. Se serait une bonne occasion de revoir et réfléchir ensemble sur les messages codés de ce long métrage.

Film d’ouverture : Roble de olor (Parfum de chêne) [Cuba • 2003 • 123 min. • fiction • v.o. espagnol s.-t. français] Première canadienne Photo : Instituto Cubano de Arte e Industria Cinematográfica (ICAIC)

Première moitié du XIXème siècle à Cuba. Une Noire de Saint-Domingue, élégante et d’une grande beauté, et un Allemand, commerçant « romantique », sont les protagonistes d’une histoire d’amour qui a fait fructifier la plantation de café la plus riche de Cuba.

Franchir le domaine des mal-aimés

Le parrain de l’événement, monsieur André Paradis a fait savoir que le but du festival est de stimuler la volonté d’agir pour le respect de la différence, car il croit au pouvoir du cinéma. L’invité d’honneur n’y est pas aller de main molle en déclarant que son œuvre témoigne de l’intolérance politique, raciale et bien d’autres plaies que beaucoup d’individus vivent à travers le monde. Madame Monique Lortie a surtout dévoilé le plan de la programmation qui offre la possibilité au grand public de visionner exclusivement au cinéma Beaubien 46 films, provenant de 13 pays, en trois jours. Le directeur, Frantz Voltaire quant à lui, a amorcé l’ouverture en disant que c’est une fiction sur l’identité à Cuba qui se déroule sur une musique magistrale de Ricardo Istuela. Effectivement, cette œuvre est esthétiquement bien réussie. On sent une émergence de lumière dans un univers pourtant très ténébreux. Malgré la force des événements, disons carrément des tragédies, les personnages principaux ne négocient guère leur grandeur d’âme, leur sens de la noblesse. Ils sont dotés d’une constitution mentale solide mais sensible. Je m’en voudrais de ne pas signaler que le manuscrit et les images qui ont servi à la réalisation du film sont, selon moi, des êtres vivants à part entière. Pour ce qui est des messages, on pourrait constituer une encyclopédie des thèmes raciste à partir de l’œuvre.

Tout comme le réalisateur Kevin Connor, Rigoberto Lòpes Pego sait contrôle le grand espace dans son objectif. On se souvient de la performante télé série : LE NORD ET LE SUD campé par Patrick Swayze dans les années 90. PARFUM DE CHÊNE est autre exemple remarquable du pouvoir de l’image. C’est dans les ruines du domaine appartenant jadis au deux protagonistes que commence le film. C’est sur cette même image, empreinte de courage pour leur identité respective que les deux personnages de nationalité Haïtienne et Allemande, Ursula Lambert (Bertha Hesse) et Cornelio Souchay (Jorge Perugorria), ont bravé l’enfer des préjugés, de la discrimination, en un mot racisme pur, dur et sans merci. Pour Ursula Lambert, elle, et les divinités ancestrales ne font qu’un. Femme d’instinct prononcé, au court d’un procès bafoués, elle a déclaré devant l’assistance que l’on peut disposer de son enveloppe corporelle, mais son esprit lui appartient, qu’elle est l’incarnation vivante de la déesse Erzulie. On peut conclure qu’est s’est faite « messager des dieux ».

Festival de films sur les droits de la personne de Montréal (FFDPM)




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