Mise à jour le 21 novembre
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Jeudi 14 décembre 2017 05:30 (Paris)

Double vie : clin d’œil hyper réaliste sur l’ambivalence sentimental d’une figure masculine

« Konplo pi rèd ke wanga » (Pwovèb kreyo)

Le choix sentimental de la plupart des hommes est très souvent confronté à la désapprobation de sa mère qui s’arrange même parfois pour entraîner la famille au grand complet avec elle. Cette incursion déraisonnable dans la vie privée de deux adultes consentants a provoqué une vague de mauvaise presse persistante à celle qui, par alliance devient la belle-mère de la conjointe de son fils.

Photo Jean Ismaël - Personnage principal (Georges)
Par Marie Flore Domond

On peut présumer que 50% des ennuis d’un couple proviennent de cette problématique. Conséquemment, le sujet implique un phénomène de société dérangeant. Pourtant, c’est en toute impunité que cette autorité parentale continue d’opérer ses mœurs pathologiques de possessivité et de contrôle malveillant sur sa progéniture.

Les artisans du 7ième art pour leur part, traitent le sujet avec beaucoup de timidité. On dirait qu’ils portent des gangs blancs en le faufilant dans la catégorie de la comédie satirique, comme si cette sorte de culpabilité était au-dessus de tout. Gardons à l’esprit que désormais le crime psychologique fait partie des dix péchés capitaux. Les concepteurs de Double vie ont eu raison de faire dire à l’un des personnages que : « Konplo pi rèd ke wanga »

Henri Pardo fait la part des choses, étant donné que c’est définitivement l’exception qui confirme la règle. Cette prise de position des créateurs est une preuve de conscience sociale. Rassurant de savoir que cette valeur n’est pas tout à fait en voie d’extinction… Toutefois, l’œuvre n’est pas échafaudé sur un seul niveau. En effet, c’est le second niveau dont il est question qui sert de prétexte au premier. Du moins, il justifie l’intrique principale.

Les rôles

Madeleine Fawcett, alias Man-Djo attire déjà beaucoup de sympathie de la part des femmes. A la fin de la projection, les femmes ont manifesté leur satisfaction face à son personnage. Cette femme qui, bien malgré elle est forcée de s’impliquer pour le meilleur et pour le pire dans la vie conjugale de son fils.

Mike dit Édouard fait très bonne figure dans son rôle de soutien, soit le frère humaniste. Cependant, Jean Ismaël nommé Georges, interprète masculin de premier plan laisse planer des réserves d’appréciation de son interprétation de mari trompeur, menteur, bluffeur. Il faudrait attendre la suite de l’histoire pour connaître l’évolution réelle de l’interprète féminine principale, Marjorie de son vrai nom, Emmanuella Auguste dans sa démarche d’émancipation.

Madeleine B. Fawcett - Interprète féminine - belle-mère (Man Jo)

Emmanuella Auguste - Premier rôle (Marjorie)

Côté technique : points faibles

Les deux principales faiblesses du film sont la cadence rythmique et les enchaînements qui entraînent des temps morts. Prenons en exemple la scène de l’intervention policière dans la cour d’un HLM. Elle est peut-être volontairement subjective du point de vue du réalisateur, par son non dit (scène muette), elle semble interminable pour les spectateurs. En tout cas, pour moi !

Consommation de la langue créole à plein régime : 99%

Selon les codes cinématographiques d’anticipation et de décodage, on retrace que la langue française est délimitée dans la bible, qui représente un symbole manuscrit qui fait l’objet de plusieurs manipulations. Au bureau des ingénieurs, lors de la séance d’information tenue par la secrétaire. Et quelques brèves présentations d’usage au téléphone. C’est donc un maigre 1% qui revient à la langue française. Transmettre ses messages en créole, c’est un point de fidélité identitaire honorable pour un réalisateur qui est né au Nouveau Brunswick de parents haïtiens.

Maturité des réflexions

Sans parti pris, le palmarès des répliques les plus vibrantes reviennent à Man Djo, Édouard, la compagne de travail et confidente de Marjorie.

Arland Jean-Paul - Auteur du scénario et réviseur des dialogues sur le plateau de tournage du film Double vie

Esthétiquement parlant, le générique du début et de la fin ne fait montre d’aucune originalité. Il ne faut pas oublier que selon l’étiquette cinématographique, le public est sensé lire le générique jusqu’à la fin de l’enseignement : Tous droits réservés…

Autres œuvres de référence

On se souvient de Fabiola, un film de Armelle Jacotin et de Coup de foudre, réalisé par Frantz Saint-Louis de S.E.S Films. Les deux traitent de situations conflictuelles dans les rapports amoureux en raison des préjugés intra familiaux. Voilà que Double vie vient de se greffer à la cause dénonciatrice des abus psychologiques à l’égard des couples. Ces trois cris d’alarmes représentent à eux seuls une unité d’urgence de réflexion. Si on ouvrait grand les yeux et qu’on prêtait mieux l’oreille !




BÔ KAY NOU


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