Mise à jour le 26 juillet
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Vendredi 29 août 2014 11:58 (Paris)

Dimanche à Kigali

Des milliers d’âmes disparaissent dans le gouffre d’un peuple divisé, des frères ennemis, des communautés hostiles et l’Amour renaît entre deux êtres fondamentalement différents.

Marie Flore Domond

Photo : Courtoisie de Mathieu Chantelois, rédacteur en chef du magazine FAMOUS QUÉBEC La référence du cinéma d’ici Luck Mervil et Luc Picard Deux des Interprètes masculins du film UN DIMANCHE À KIGALI s’entretiennent avec Martin Grenier, collaborateur du magazine

Se libérant de son personnage quelque peu ambigu sentimentalement dans VICE CACHE, la télé série qui parodie les impiétés et la luxuriance de la société québécoise, le comédien Luc Picard s’est aventuré dans une production cinématographique à titre de représentant médiatique en croisade contre le fléau du sida au Rwanda. Et c’est là qu’il découvrira que l’expérience des caprices amoureux qu’il interprète dans Vice Caché n’est que cabotinage face à la terreur sentimentale qu’il subira comme épreuve dans le long métrage UN DIMANCHE À KIGALI. De psychologue désinvolte du télé roman, à un journaliste confronté à la tragédie sociale et humaine, ce fut pour Luc Picard (Bernard Valcourt), « une opportunité de tester la solitude de ses nerfs et de sa santé » déclare Martin Grenier du magazine FAMOUS QUÉBEC, dans une entrevue intitulée LUC ET LUCK sur la piste du RWANDA - Montrer l’Afrique, enfin. Pour que ça n’arrive plus jamais. Luc Picard et Luc Mervil reviennent d’Un dimanche à Kigali transformés.

Une idylle sentimentale se transformant en cauchemar éveillé pour l’interprète Luc Picard (Bernard Valcourt), qui tombe amoureux d’une beauté fatale, Fatou N’Diaye (Gentille) conçue d’une alliance Hutus et Tutsis, deux groupes ethniques qui forment un peuple mais qui ont entretenu des hostilités, des animosités jusqu’au catastrophe de la génocide. Leur relation ne tardera pas à basculer dans la terreur et l’isolement. En dépit des obstacles insurmontables, l’homme prend son courage à deux mains et entreprend avec entêtement la recherche de sa conquise. Professionnellement, il est forcé de reléguer au second plan sa mission de réaliser un documentaire sur les ravages de la maladie du VIH.

Indéniablement, le couple rend bien les sentiments de leur vicissitude, l’intensité de leur chagrin d’amour. Valcourt, le ressortissant, le journaliste, le survivant est témoin des injustices, des abominables atrocités. Valcourt est l’observateur qui a pris le risque de faire des interventions dans le champ politique qui auraient pu lui coûter la vie. Heureusement, que le réalisateur est plus réaliste que fataliste.

Des personnages secondaires de la distribution de Un dimanche à Kigali sensibles à la tragédie

Dans la méga production cinématographique du cinéaste Robert Favreau : Luck Mervil, Maka Koto, Fayolle J ean, Mireille Métellus et bien autres incarnent des martyrs.

Après avoir joué le rôle de Clopin dans la comédie musicale Notre-Dame de Paris, Luck Mervil suit le train de l’enfer comme protagoniste dans le premier film francophone à traiter de la tragédie Rwandaise. Dans le même ordre d’idée, plusieurs spectateurs et critiques n’ont pas hésité à comparer l’œuvre du réalisateur Robert Favreau à l’autre film, HÔTEL RWANDA. Malgré que les trois comédiens d’origine haïtienne précités ne soient pas étrangers aux bouleversements politiques et sociaux qui entravent leur terre Patrie, Haïti, leur personnage respectif a réussi à verser leur sang sur une autre cause d’oppression et de division fratricide. Ce sang affreusement répandu leur rappelle sans doute des atrocités et des massacres que subissent leurs compatriotes jusqu’à ce jour. Luc Picard et Luc Mervil nous précisent que ce n’est pas un séjour de bohémien qui les attendait au pays des mille collines

Famous Québec : le lien du 7ième Art qui informe et qui sensibilise par des témoignages vibrants des acteurs

Comme tout le monde, j’ai vu le film et parmi les éclats de réactions provoquées par l’œuvre du 7ième Art, l’entretien des deux protagonistes pour le compte du magazine FAMOUS QUÉBEC tient compte de la fébrilité des acteurs sur le plateau de tournage. Même au cinéma, reconstituer une tragédie peut affecter le moral. Le réalisateur lui-même reconnaît que la situation était délicate et avait mis un personnel de soutien et des psychologues à la disposition des participants. « (...) Il y a à peine dix ans, la plupart de ces acteurs vivaient le drame live et n’avaient pas le luxe de crier ¨couper !¨ lorsqu’ils en avaient assez. » toujours la plume du journaliste Martin Grenier, on découvre les sentiments d’impuissance des acteurs québécois, les conditions émotionnelles des habitants dans le milieu ambiant où s’est réellement produit la tragédie, la volonté louable et l’objectif précis du réalisateur, sans compter les motifs du choix de ses collaborateurs. Il est à noter que le scénario est une adaptation de l’ouvrage à succès : Un dimanche dans la piscine de Kigali de l’écrivain Gil Courtemanche. En effet, ce fameux accessoire mobilier qui ne figure point dans le titre film a, par contre, envahi les scènes à maintes reprises, du matin au soir, d’eau limpide en eau trouble, remplie autant que vide.

Pour tout savoir, dans cette réalisation, on a investi $7 million de dollar, déployé 300 figurants, sollicité la collaboration de l’auteur du roman pour les dialogues, compté 38 jours de tournage à une moyenne de 12 heures par jours. A ce rythme, je suppose que les participants ont dû accumuler plus d’une tonne d’émotion ! Il reste à espérer que le film se transforme, sous peu, en projet d’une populaire télé série.

Un dimanche à la piscine à Kigali • Gil Courtemanche • Éd. Gallimard • fév. ’06 • ISBN 2070329518 • 32 €

Luc Picard soutient : « Au départ, c’est en soi troublant, mais en plus, tu es loin de chez toi. Tu dois faire attention à la nourriture pour ne pas tomber malade, il faut prendre des pilules contre la malaria tous les jours, ce qui provoque de l’insomnie. Je tournais parfois six jours par semaine. J’étais toujours sur le plateau. Curieusement, parmi tous les comédiens, je suis probablement celui qui a moins vu le Rwanda. C’était vraiment exigeant. »

Luck Mervil ajoute : « Le film est dur, explique l’acteur, mais ce ne sera jamais aussi dur que ce qu’ils ont vécu. Quand j’étais là-bas, un gars me disait : « Regarde les gens. Une personne sur trois que tu vois a tué. (...) J’ai entendu des choses bien pires encore. Tellement je regrette de les savoir. On ne peut pas revenir de là insensible. »

Robert Favreau avoue que c ’est par souci d’authenticité qu’il a voulu que le film soit tourné au Rwanda. « Comment aurais-je pu rendre ces événements réels alors que j’y étais pas présent, alors que je ne suis pas rwandais, alors que je méconnais cette culture ? Comment aurais-je pu rester authentique en filmant en Angola ou Haïti ? »

Le sida, le chaos, la violence et la perte des êtres chers : les sources de meurtrissure du personnage principal

Le résumé des faits exposés par le collaborateur du magazine en est une description lucide, limpide et pénétrante du conflit qui s’est dégénéré en fiasco pour les nombreuses victimes, il y a de cela 12 ans. « Sous le sous-titre Autopsie de l’enfer, on peut lire : « Pays minuscule situé en Afrique centrale, le Rwanda jouit d’un profil paradisiaque. Béni par un climat tempéré, l’eau y coule et la terre est fertile. Malgré quelques tensions internes, le peuple rwandais vivait, somme toute, en harmonie jusqu’au jour où les colonisateurs européens sont débarqués. Dès leur arrivée, les Belges ont tout de suite privilégié le Tutsis, des descendants d’Africains du Nord aux traits fins rappelant ceux des blancs. Nettement plus nombreux, les Hutus, agriculteurs au physique négroïde, ont été méprisés. Devenait aussi Tutsi tout homme jugé riche, et Hutu, pour homme pauvre. Cristallisée par l’instauration d’une carte d’identité ethnique, nourrie par le poids des années et les aléas d’un régime politique instable, la haine a explosé. Pour les Hutus, les Tutsis - et tous leurs sympathisants- sont devenus les « cafards » à écraser. »

Des sentiments hors de l’ordinaire

L’histoire d’amour est palpable entre la jeune et délicieuse actrice Sénégalaise Fatou N’Diaye (Gentille), serveuse de l’Hôtel Des milles collines et le journaliste d’âge mûr Canadien, Luc Picard (Bernard Valcourt. C’est une aventure hors du commun. Mais c’est surtout le détournement de cet amour envers lequel, il a tant résisté au début de la relation qui sanctifie la puissance de leur promesse.

Une fleur au bout des fusils

Parmi les drames sociaux pour émouvoir, Un dimanche à Kigali est un produit très réussi, qui n’a rien à envier à ceux qui l’ont devancé. Comme dit l’éditeur du Réseau HEM, Daniel Albertini, tous les pays dissimulent leur petit côté sombre et cynique. Je le conçois. Mais en matière de société aseptisée telle que le mentionne, le chanteur Luck Mervil, cette conception me laisse perplexe. Car avec une fenêtre ouverte sur le monde, on peut conclure que « L’enfer n’est jamais trop loin du paradis. » (Bernard Valcourt)




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