Mise à jour le 12 octobre
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Vendredi 20 octobre 2017 05:11 (Paris)

3e édition du Festival International du Film Haïtien de Montréal : une cure de réflexions engagée contre la faiblesse humaine

Un des nombreux clichés imprimés sur le sort des Haïtiens en République Dominicaine « Esclaves au paradis »

Photographe : Céline Anaya Gautier

Du 18 septembre au 2 octobre 2007 une première Nord-américaine. L’exposition internationale « Esclaves au Paradis » de la photographe Céline Anaya Gautier est prévue la galerie Mosaïkart

« Sang, Sucre et Sueur » un colloque international directement lié à l’exposition précitée « Esclaves au Paradis » La rencontre se tiendra à l’édifice de Radio Canada, le 19 septembre 2007. La journaliste, Nancy Roc agira comme animatrice de l’activité.

Du 19 au 23 septembre 2007, les projections auront lieu au cinéma ONF et au Centre Leonardo da Vinci

Par Marie Flore Domond

Parmi les 21 festivals du cinéma qui se succèdent traditionnellement chaque année dans la métropole montréalaise, le jeune Festival International du Film Haïtien (FIFHM) démontre déjà un caractère rassembleur, puisque des dispositifs de dénonciation contre l’oppression d’une part, et d’autre part, une prise de reconnaissance à l’égard d’un pionnier du cinéma haïtien, Raphaël Stines, décédé récemment sont greffés à la programmation. Ces mesures indiquent des signaux de l’expression d’une culture à la fois émotive mais surtout humaine.

Plusieurs bobines de pellicules seront donc consacrées à l’engorgement progressif des problématiques entourant la misère, l’injustice, l’exclusion, l’inégalité et la traite des humains. Les organisateurs du Festival ne manqueront pas de mettre également en relief le cas particulier des coupeurs de cannes d’origine haïtienne qui sévit en République Dominicaine. Quant à la sélection des films, prière de visiter le site suivant www.festivalfilmhaitien.com

Après avoir lu le dossier de presse des initiateurs du projet humanitaire : « Esclave au Paradis » le goût acide des jargons qui désignent la situation dégradante des citoyens haïtiens qui survivent, dans ce coin de pays, camouflé par les attraits touristiques, risque de soulever un haut le cœur par l’indignation. On apprend que les « braceros haïtiens » sont des « victimes muets ». 500.000 individus, hommes, femmes et enfants y vivent dans les « baleys » espace que l’on réserve aux démunis travailleurs. Après 30 ans au service des compagnies sucrières sous la gouverne des contremaîtres bourreaux, ils sont surnommés, dès lors, des « viejos ». En absence de cadre juridique, leur réel statut est celui des « saisonniers prisonniers à vie ». Leurs salaires sont réduits en tickets échangeables dans les « colmados », des boutiques alimentaires insuffisants à leurs ravitaillements. On compte 250.000 enfants apatrides, autrement dit, sans identité propre en République Dominicaine. 35 expositions ont été organisées dans différents pays depuis le début de cette cause sociale enregistrée en 1977.

Rappelons qu’au début du millénaire, en 2000, la grande Diva haïtienne de la musique du monde, Émeline Michel avait dressé de sa voix de cristal un tableau très sombre de la vie misérable de ces individus avec un élan d’espoir à la toute fin. (Cordes et Âme, Viejo : dixième pièce, 5’38)

Nous sommes heureux de savoir que c’est un membre influent de la communauté artistique et du monde des médias québécois qui agira comme porte-parole de l’événement de la troisième édition. L’illustre journaliste, Francine Grimaldi qui couvre régulièrement les activités culturelles pourrait en avoir long à dire sur la traite des humains, un sujet maintes fois exploité au moyen de plusieurs facettes plus monstrueuse les unes que les autres par les artisans du cinéma québécois.

Au printemps dernier, les cinéphiles ont eu droit à un long métrage dérangeant : MA FILLE, MON ANGE, un film d’Alexis Durand-Brault campé par deux excellents acteurs québécois, Michel Côté et Karine Vanasse. En avril 2006, le long métrage UN DIMANCHE À KIGALI rappelant le génocide du RWanda a eu un effet bouleversant sur de nombreux spectateurs. On a appris de la bouche du personnage qui tenait le rôle masculin principal, Bernard Valcourt interprété par le comédien Luc Picard que « L’enfer n’est jamais trop loin du paradis. » Il est à noter que l’œuvre du réalisateur Robert Favreau est une adaptation d’un roman du journaliste Gil Courtemanche. La distribution multiethnique a facilité la présence de Luc Mervil, Fayol Jean, Maka kotto, plusieurs autres membres de la communauté ainsi que Fatou N’Diaye, une jeune actrice qui réside en France.

Montréal évolue dans une infernale spirale clandestine de crimes organisés que la presse ne cesse de révéler en grande manchette. L’occasion est donc propice d’engager une cure de réflexions en plein cœur de la Ville cosmopolite sur toutes ces incidences qui entravent la réalité moderne.

Souhaitons bonne chance à la présidente, Mme Fabienne Colas. Bonne besogne au directeur de la programmation, M. Émile Castonguay ainsi qu’ à la commissaire et animatrice des activités associées à l’événement, Mme Nancy Roc. Un plaisir fou au porte-parole, Mme Francine Grimaldi. Et bon divertissement à tous les participants.

Photo : Céline Anaya Gautier




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