Mise à jour le 21 novembre
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Vendredi 15 décembre 2017 13:15 (Paris)

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ÉCRITS

par Saint-John Kauss pour JohnJohn

«  terrasse sur l’abîme Terre …. » (Paul-Marie Lapointe)

par Écrits de lune
domaine de l’éclair des mots dans la béatitude des gestes du poète fatigué

écrits qui roulent et qui s’amusent dans la mêlée des jouets envoyés en cadeaux de part et d’autre des continents séchés à flots

l’Afrique d’où tu viens de loin l’Afrique immémoriale où le règne animal est d’espèces inexplicables et fragiles

l’Afrique des lieux dits hurlements et glas
mère de la Nuit et des jours sans compter

l’Afrique maternelle Terre en l’ossuaire des survivants des guerres entre villages d’acajou et nègres aux pieds fins

des jouets concoctés par liasse de tribus fidèles à l’envahisseur des affamés
du royaume de Bénin jusqu’en terre Yoruba
jusqu’à l’extinction de tous les pygmées et avares sans nom

du thé et des fruits secs pour la naissance de l’enfant procuré dans la satisfaction totale

des cerfs volants et des lanternes
des pluies d’étoiles et figurines sans appétit
des féviers bougainvilliers de mille siècles
une maison miniature aux simples traits de géomètre

minuscule enfant de la liberté d’un père ou simple membre de la tribu des révoltés
compagnon de peine aux mains fragiles et frêles
humble personnage aux doigts ouverts sur l’île des mille regrets

mon pays ton patelin

dans le néant des désirs inassouvis

vient-on à peine de te délivrer du fardeau de l’eau de vie du liquide amniotique
seul et nu dans la brutalité des vaguelettes de l’enfance et devant le cri de ta mère vis-à-vis de l’abîme retenu pour les humains offensés

tête renversée et le cordon autour du cou
minuscule aux yeux
des hommes inquiets de tant de mystères
je te soupçonne
inlassable petit homme
de partager mes gènes dans l’inventaire
des territoires assignés

figurine masquée d’une succession de promesses de mère ravagée par le souci d’un jour indiqué
le jour affalé de rumeurs fausses de fillettes frêles aux jambes écartées qui marchandaient la vasque somnolente aux gestes évasifs

ce pic-vert aux fesses de papier froissé que carillonnent les seins mi-fermés ses yeux évasés en larmes
amputée de tant d’ormes

la visiteuse mégère que regarda pataud ton père
crâne baissé parmi les feuilles d’un petit cahier de notes que concocta le poète par procuration dans sa lointaine jeunesse

minuscules encore ce matin tes petits bras qui m’accompagnent avec insistance - répétitive réplique – dans les haussements de l’éternel accouplement des âmes voire le pépiement de deux cœurs blessés battant la chamade

dois-je me contenter du peu de soleil braqué sur la terrasse de mes réminiscences abruties
dois-je me souvenir des centaines d’histoires anodines par le ramage de la femme bègue qui bée aux pieds plats et pâlots

voyages ordinaires autour de ta naissance qui dura deux minutes de prétexte dans un contexte de mère saccagée par les courriers du vide et de l’absence
voyages des mots et du poète balancé en terre cuite telle une énigme

mon petit homme immobile me regarde d’un œil certain
immenses ses yeux renversés dans la patience de l’hirondelle

ici et là
haut perché
dans la margelle de l’exil

patience de tout ordre

demain peut-être demain

Sainte-Thérèse (Québec), 07 septembre 2008




BÔ KAY NOU


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