Mise à jour le 21 novembre
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Jeudi 14 décembre 2017 05:15 (Paris)

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Un essai décisif qui risque d’être considéré comme une œuvre incisive aux yeux des opposants

Pasteur Fils-Aimé, docteur en théologie,
Professeur, conférencier, animateur de radio et pasteur

« Ceux qui osent se frotter à l’ensemble de mes écrits peuvent dire que je prends position et cette position n’est pas fantaisiste. C’est le plus grand crédit qu’on puisse me faire. Et je mourrai pour défendre le droit de ceux qui ne sont pas d’accord. »

Entrevue exclusive réalisée par Marie Flore Domond

(…) « Le christ aura assuré les vertus du vodou. En son nom nous chanterons un ’’Bondye bon’’ amplifié, nous ferons fructifier nos dons naturels, nous guérirons les malades. Car nous aurons enfin perçu le phénomène du ‘’ tonbe-lwa’’ pour ce qu’il est. Loin d’être une irruption du démon, le ‘’ tonbe-lwa consiste dans une imprégnation, par les énergies de l’environnement et de l’ambiance, de nos facultés mentales. Celle-ci, alors poussées hors de leur équilibre habituel, produisent des défoulements profonds et expriment à partir de notre plus authentiques intimité les idées, préjugés et jugements, souvenirs, sentiments et projets, intuitions, perceptions et traits de génie tapis au fond de notre âme. »

(Joseph Augustin), préface

L’illustre Pasteur, Jean Fils-Aimé vient juste de publier un essai d’une vision étonnamment progressiste, un outil d’espérance, propice aux dialogues. La personnalité que plusieurs considèrent d’une témérité de grand calibre ne serait-elle pas celle qui agit en torrent sur les barrages du réseau psychique du peuple haïtien tant en diaspora que sur le sol ancestral ? Le théologien qui procède farouchement au dégagement d’un ciel trop longtemps ennuagé de préjugés spirituels et mystiques d’une Nation ?

Quoi qu’il en soit, l’idée de proposer une unification de deux concepts cosmiques est beaucoup plus rassurante que l’inverse, dans l’intérêt, bien sûr, de la chaîne d’harmonie humaine ! Et comme personne n’aimerait être associé à l’étiquette de pro- ignorance, il est donc souhaitable de s’ouvrir l’esprit au lieu de se porter massivement volontaire à la résistance des débats francs, des réflexions profondes qui inspireront sans doute des idées nouvelles.

Lors de notre rencontre éclair tout récemment, à la station radiophonique CPAM, 1610, juste avant son émission évangélique dominicale, j’ai voulu savoir ce que représentait pour lui l’image qui rayonne sur la page couverture de son ouvrage. Cette représentation d’un crucifix, d’une poupée magique côte à côte et d’un enfant visiblement perturbé en prolongement du support visuel. Sa réponse a été prompte et concise. « Dès sa naissance, le citoyen haïtien est habité par deux systèmes symboliques : la chrétienté-vodou. L’enfant est sous l’emprise psychique de cet héritage. » La conception est l’œuvre d’un graphiste, a-t-il ajouté.

Au début de l’introduction, on note déjà des déclarations fracassantes dont celles-ci qui me frappent principalement.

(…) « Pour le prêtre catholique-romain, il faudrait combattre par l’éducation, ce mélange honteux - ‘’ moso bondié moso sôlôkôtô ’’ – et le remplacer par le christianisme orthodoxe, c’est-à-dire, pur. Pourtant, malgré les prêches, le pratiquant n’en démord pas. Il persiste et signe : ‘’ il faut être bon catholique pour servir les loas’’ 2. Quant au pasteur protestant, il continue de prêcher le divorce radical de la foi protestante d’avec le vodou. Pourtant, les sociologues de la religion sont unanimes à observer que l’Haïtien se convertit au protestantisme pour les mêmes raisons qu’il retourne au vodou. Il ‘’ rentre’’ au protestantisme à la recherche d’un asile contre les abus et les attaques des loas. Cependant, si ce refuge se révèle inefficace contre les assauts des loas, il retourne au vodou. Or, une simple étude du vocabulaire utilisé dans les sermons des églises protestantes, ou une enquête auprès des ‘’ convertis’’ protestant impose un constat que ces pages veulent analyser : c’est que la vision du monde de l’Haïtien protestant demeure essentiellement vodouesque. Elle est faite de croyance aux loas, de la compénétration de la surnature et de la nature. (…) Tant et aussi longtemps qu’il se sent à l’abri, il reste protestant, sinon il retourne à la religion de ses ancêtres. Il s’ensuit que la clé du succès du protestantisme auprès des masses vodouïsantes est la présentation de Jésus en terme d’un refuge efficace et supérieur’’ – Ki les ki towo a ? Sé Létènel ki towo-a. Or, ce nom de Jésus remplit la fonction d’un mot de passe magique, qui chasse les démons et qui délivre les loas. De là à dire que la peur des loas n’est pas étrangère à la conversion de l’Haïtien au protestantisme, il y a un pas. » (Page 1et 2)

Ne sommes-nous pas en présence d’un manifeste explicite de notre réalité quotidienne et du devenir religieux, spirituel voire l’état métaphysique qui a pris racine dès l’origine de cette civilisation que nous nous sommes forgé ? Le docteur en théologie, Jean Fils-Aimé ne s’est-il pas soigneusement appliqué à identifier l’impasse où dans laquelle se trouve le gigantesque mouvement du christianisme au-dessus de la grande tendance mystique négroïde que l’on nomme le VODOU ?

En remarque, le mot tendance n’est pas utilisé pour diminuer la charge ésotérique ou divinatoire de l’ensemble des rituels traditionnels des pratiquants dans leur manoeuvre pure, mais pour isoler les différentes déviations évoquées par le spécialiste : « magie noire, religion primitive, foi de nègre, ciment de la culture haïtienne etc. »

En ce qui concerne la tergiversation de l’Haïtien entre les deux axes religieux, la citation tirée de l’introduction est assortie d’une expérience personnelle que je ne puis m’empêcher de ne pas signaler en ces circonstances. J’ai eu une vive discussion avec un membre pratiquant de la religion catholique et un fidèle de l’église protestante à des moments différents, mais pour des motifs similaires. Lors d’un pèlerinage, une somme considérable avait été subtilisée par un membre voyageur. Une passagère zélée a exprimé à haute voix sa volonté de défier l’individu pillard par un je ne sais plus quelle pratique incantatoire our tenter de faire mordre la poussière au coupable. Irritée par son attitude, je lui avait répliqué que sa démarche serait impropre à la dite fonction de la prière conventionnelle qui est d’implorer La Providence afin d’obtenir sa grâce et sa miséricorde. J’avais profité pour lui demander si sa véritable intention n’était pas d’appliquer une violente expédition à l’endroit de l’individu fautif ? Alors que Dieu pourrait bien choisir d’éprouver cette personne au milieu de nous, pour ensuite la ramener dans le droit chemin. J’ai eu la même réaction en présence d’une frère chrétien qui faisait l’éloge des psaumes imprécatoires qu’il n’hésite pas à utiliser à l’intention de ceux qui osent le contrarier. Dans les deux cas, la dimension de la foi laisse à désirer. Les deux activistes ne semblent vouloir que l’assistance d’un réparateur de tort impitoyable, sous le signe de la vengeance. A mon avis, la ligne de confusion est bien mince entre le concept de la nourriture spirituelle (la prière reposant sur une forme de justice punitive) et la soif d’un génie protecteur versant dans les agissements vindicatifs. L’adepte chrétien ne diabolise-t-il pas à tort les autres religions qui n’adhèrent pas aux préceptes qu’il scande sans pour autant les appliquer ! Advenant que ses souhaits ne se réalisent rapidement, n’irait-il pas consulter sous le couvert de l’anonymat un prêtre vodou pour parvenir à ses fins ? L’autre servante catholique a-t-elle la conviction de sa dévotion de pèlerin ? Ce n’est qu’un survol des souvenirs fumants que la lecture de l’œuvre de Jean Fils-Aimé déclenche déjà en moi.

D’ores et déjà, il est à prévoir que l’œuvre du théologien, Jean Fils-Aimé s’imposera. Car la tête pensante, le leader spirituel érudit ne ménage ni son audace, ni sa force morale et mentale à travers une analyse clinique sur la croyance vodouesque et la foi chrétienne dans le dessein d’une part, de faire jaillir la lumière sur un sujet épineux, et d’autre part, en signe de revendication de l’identité culturelle du peuple haïtien.

Enfin, ceux qui voudront entendre l’excellent orateur en plein contrôle du sujet sont invités à une conférence, suivie d’une vente signature, au complexe Christina, 6566 Jarry Est, le 20 mai à compter de 17 heures. Toutefois, le tout premier lancement aura lieu sur invitation au consulat haïtien, situé au 1100 René Lévesque Ouest, suite 1520, le 16 mai prochain à l’occasion du 204e anniversaire de la fête du drapeau haïtien. L’ouvrage est déjà disponible à la librairie Renaud Bray. Le prix de vente est $24, 99




BÔ KAY NOU


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