Mise à jour le 12 octobre
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Lundi 23 octobre 2017 00:35 (Paris)

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Retour de Duvalier : Les USA "surpris", le Canada "préoccupé", la France nie toute "responsabilité" et fait des élections sa priorité

Le numéro un de l’OEA, José Miguel Insulza, obtient l’accord du gouvernement haïtien sur le rapport technique qui, malgré "certaines réserves", sera acheminé rapidement au CEP

Les États-Unis se sont dits lundi "surpris" du retour en Haïti de l’ancien dictateur Jean-Claude Duvalier, après 25 ans d’exil, une opération mystérieuse qui inquiète le Canada et dans laquelle la France décline toute responsabilité.

"Nous sommes surpris par le moment choisi par Duvalier pour se rendre en Haïti. Cela ajoute un élément d’imprévu dans une période d’incertitude dans le processus électoral en Haïti", a affirmé le porte-parole département d’Etat, Philip Crowley, dans un message affiché sur le site de microblogs Twitter.

Rentré triomphalement la veille à Port-au-Prince, l’ex-Président à vie qui symbolise 29 ans de terreur, avec son feu père François Duvalier -l’un des dictateurs les plus féroces de son temps- est resté cloîtré lundi dans son hôtel à Pétion-Ville (banlieue est).

A Ottawa, le chef de la diplomatie canadienne, Lawrence Cannon, s’est déclaré "préoccupé" par le retour surprise de "l’ancien dictateur d’Haïti à un moment crucial du processus démocratique" dans lequel est engagé le pays.

"Nous exhortons toutes les parties à respecter la Constitution haïtienne et la démocratie, les droits de l’homme et l’ordre légal qu’elle représente", conclut le ministre dans un communiqué.

Pour sa part, l’ambassadeur de France en Haïti, Didier Le Bret, a décliné toute responsabilité de son pays dans la présence de M. Duvalier qu’il juge "inappropriée" à la crise post-électorale actuelle et lui a suggéré du même coup de "repartir" jeudi (20 janvier), la date inscrite sur son billet retour.

"On a autre chose à faire plutôt que de perdre son temps sur cette affaire de Duvalier", a lancé, un tantinet agacé, le diplomate français lors d’une conférence de presse.

Rappelant que la France était un "Etat démocratique" et non un "Etat policier", Le Bret assure que l’ancien héritier du régime des "Tontons Macoutes" ne faisait l’objet d’aucune surveillance particulière et a pu quitter le territoire français tranquillement pour embarquer à bord d’Air France comme un passager ordinaire.

Ce n’est qu’après l’escale en Guadeloupe, que les autorités françaises ont su qu’il se dirigeait vers Port-au-Prince et en ont immédiatement informé le gouvernement haïtien apparemment "surpris".

L’ambassadeur, qui a laissé entendre que Jean-Claude Duvalier appartenait au passé, estime néanmoins que sa présence n’est pas souhaitable dans la conjoncture politique délicate ayant suivi les élections controversées de novembre.

A Paris, le ministère des affaires étrangères a également fait savoir que la France n’a "pas été informée" du voyage de l’ex-dirigeant autoritaire tout en prévenant que cela ne doit pas "détourner" les haïtiens du processus électoral en cours.

"Les autorités françaises n’avaient été informées à aucun moment, à commencer par l’intéressé lui-même, de son voyage à Port-au-Prince", a répété le porte-parole du Quai d’Orsay, Bernard Valero.

Il a aussitôt évacué le sujet en faisant remarquer que "la venue de Jean-Claude Duvalier en Haïti ne doit pas détourner les autorités et les acteurs politiques haïtiens du processus électoral en cours".

Ces déclarations coïncidaient avec la tenue d’une rencontre au Palais National (siège de la Présidence) entre le Président René Préval, dont le mandat prend fin le 7 février, et le Secrétaire général de l’Organisation des Etats américains, José Miguel Insulza, sur les conclusions du rapport des experts de l’OEA.

Après l’évaluation du processus électoral confronté à une vague de contestations, ils ont recommandé l’exclusion du candidat du pouvoir, Jude Célestin, du second tour des présidentielles, censé désormais opposer la constitutionnaliste Mirlande Manigat, arrivée en tête du premier tour, au chanteur Michel Martelly, classé initialement troisième.

A l’issue des discussions, le Premier ministre Jean-Max Bellerive, a annoncé, en présence du chef de la mission d’observation électorale OEA/CARICOM, Colin Granderson, que l’Exécutif avait "accepté le rapport de l’OEA" afin de faire avancer le processus électoral malgré des "problèmes dans la forme de la transmission du document et sur certains éléments du contenu".

De fait, le rapport devait être transmis rapidement au Conseil électoral provisoire pour les suites nécessaires.

Mais, il s’agit là d’une première étape qui devrait être complétée par la phase de contentieux au cours de laquelle les contestations seront analysées avec l’appui d’une autre mission technique de l’OEA, a expliqué Jean-Max Bellerive.

De son côté, José Miguel Insulza a souligné que la tâche de la mission technique se limitait à des recommandations et qu’il revenait exclusivement au CEP de publier les résultats définitifs des élections.

Le patron de l’organisation hémisphérique souhaite toutefois que les conclusions purement techniques des experts soient prises en compte dans les décisions finales.

Une position qui reflète celle des principaux partenaires d’Haïti très impliqués dans le processus électorale, à l’image des Etats-Unis, favorables à la tenue d’un second tour entre Mirlande Manigat et Michel Martelly, au détriment du poulain du chef de l’Etat sortant, Jude Célestin, dont les partisans auraient massivement fraudé.




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