Mise à jour le 22 juin
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Dimanche 25 juin 2017 21:12 (Paris)

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Le Sénat va-t-il prendre dans son propre piège ?

Le Parlement est offusqué. Révolté. Entre émotions et velléités de vengeance, Sénateurs et députés veulent “couper des têtes” comme pour réagir suite à ce qu’ils appellent “l’enlèvement suivi de la séquestration” du député Arnel Bélizaire. Mais une dichotomie entre les décisions des deux chambres pose déjà problème.

Contrairement à la Chambre des députés, le Sénat semble avoir choisi délibérément de passer à coté du problème en interpellant un seul ministre, qui serait donc l’unique artisan de ce drame du 27 octobre 2011 : le ministre de la Justice

La Chambre des députés réclame la démission d’au moins trois ministres : Thierry Mayard Paul (Intérieur), Laurent Lamothe (Affaires étrangères) et Josué Pierre-Louis (Justice). Les députés incriminent aussi le secrétaire d’état aux Affaires étrangères fraichement nommé, Michel Brunache. Si ces démissions ne sont pas vite obtenues, la Chambre basse menace d’interpeller tout le gouvernement voire de mettre en accusation le président de la République dès la nouvelle session de Janvier.

Pourquoi un seul ministre ?

Mais au niveau du Sénat, les pères conscrits avouent ne pas comprendre la gymnastique qui fait tomber au moins deux noms sur la liste des potentiels interpellés. La résolution signée par 16 sénateurs, majoritairement d’origine Lavalas, vise uniquement le ministre de la Justice Josué Pierre-Louis, ancien commissaire du gouvernement du régime Lavalas. Le sénateur Moise Jean Charles, qui a pourtant signé la résolution, avouent ne pas comprendre pourquoi. Pourquoi faut-il épargner les ministres les plus proches de Martelly et punir un seul ?

Plusieurs sénateurs sont désormais indécis.

Une source proche du Sénat a tenté de nous expliquer les motifs politiques expliquant le tri fait au grand corps : “ il était question d’interpeller trois ministres, mais un grand manitou du Sénat a exigé que les noms de Thierry Mayard Paul et Laurent Lamothe soient enlevés de la liste, ces derniers étant ses amis personnels”. Seul le ministre de la Justice Josué Pierre-Louis n’a pu avoir un défenseur parmi les signataires de la résolution. Certains lui reprochent de n’avoir pas répondu au téléphone le jour de l’événement. Voila ce qui lui fait mériter un vote de non-confiance.

Sans avoir convoqué le ministre pour de plus amples explications, sans avoir enquêté sur les vrais auteurs de ce drame, les sénateurs choisissent de passer directement à la dernière mesure : l’interpellation. Le ministre Pierre-Louis qui ne se trouvait pas à l’aéroport le jour du drame et qui participait à un procès historique sur l’évasion des Cayes, devra expliquer l’événement du 27 octobre aux sénateurs. Pas même le directeur général de la police nationale n’a été visé. Le ministre de la Justice a jusqu’ici souligné que le parquet est maitre de l’action publique et que ce faisant son ministère ne peut faire irruption dans ce travail. Pour preuve de sa distance par rapport à ce dossier, le ministre a refusé d’écrire à la Chambre des députés pour demander que le député Arnel Bélizaire soit mis à la disposition de la Justice. C’est pourtant ce qu’attendaient de lui ces parlementaires qui réclament aujourd’hui sa tête. Paradoxe.

Le piège...

« Il faut sauver l’image du Sénat », clame certains observateurs qui croient que pour une fois les pères conscrits risquent de se montrer moins « stratèges » que les députés. Le député Acluch Louis Jeune est plutôt prudent par rapport à la démarche des sénateurs qui pourrait, selon lui, être motivée par un “deal politique”. Pour sa part le sénateur Mélius Hyppolite va droit au but : si le Sénat ne peut pas interpeller toutes les personnes impliquées, qu’on interpelle personne”.

Après des négociations houleuses avec la présidence, le groupe majoritaire au Sénat a finalement permis la mise en place d’un gouvernement au sein duquel il occupe une partie importante. Moins d’un mois après leur vote, les sénateurs veulent remettre en question les ministres qu’ils n’ont pas désignés, en gardant leurs représentants au sein du même gouvernement. Le ministre de la Justice reste la grande cible, c’est logique puisqu’il s’agissait avant tout d’un dossier judiciaire. Mais tandis qu’on parle d’état de droit, d’armée et bientôt d’élection, ces sénateurs ne tomberont-ils pas dans leur propre piège, s’ils offrent au président Martelly la possibilité de choisir un nouveau garde des sceaux vers janvier, février… donc à la veille des élections ?

Eddy Laguerre
edgu85@yahoo.fr




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