Mise à jour le 21 novembre
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Vendredi 15 décembre 2017 13:21 (Paris)

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Haïti : SOS Journalistes condamne l’arrestation de deux journalistes

L’organisation haïtienne de défense des droits des journalistes, SOS Journalistes, a condamné lundi l’arrestation et la détention illégale de deux journalistes qui travaillent à Radio Prévention de Petit-Goâve, sur ordre du commissaire du gouvernement près le tribunal de première instance de la ville de Faustin Soulouque, Me Alix Civil. L’émetteur de la Radio et d’autres équipements ont été confisqués et transportés dans un lieu inconnu.

En effet, les journalistes Ernst Joseph (PDG de Radio Prevention) et Wolf ’Duralph’ François (présentateur d’une émission à grande écoute) ont été arrêtés et détenus sur ordre du chef du parquet la ville, Me Alix Civil, pour diffamation, trouble à l’ordre public et bris de biens publics.

SOS Journalistes a qualifié d’arbitraire l’arrestation des deux confrères décidée le mercredi 22 juin par le commissaire Alix Civil que l’organisation de défense de la liberté de la presse a dénoncée comme ennemi de la liberté de la presse. Le Secrétaire général de SOS Journalistes, Joseph Guyler C. Delva, s’est rendu samedi et dimanche à Petit-Goâve pour enquêter sur la question.

Les deux journalistes ont été convoqués par le parquet de Petit-Goâve pour répondre de questions relatives à des informations publiées, des opinions et commentaires émis au cours de leurs différentes émissions sur Radio Prévention, considérée comme la radio la plus populaire de la zone.

Quand la population a appris que les journalistes Ernst Joseph et Wolf ’Duralph’ François ont été l’objet d’une convocation au parquet, plusieurs milliers de supporters de la Radio ont décidé de se rendre devant le parquet pour manifester leur soutien aux journalistes.

Alors que les confrères se trouvaient dans le bureau du commissaire du gouvernement, des accrochages ont eu lieu entre la foule et la police, supportée par la MINUSTAH. Des jets de pierre, de la part de la population, des coups de feu en l’air, de la part de la police et des agents de l’ONU ont été enregistrés. Des vitres ont été cassées et quelques personnes ont été victimes de blessures lors de ces échauffourées.

Selon ce qu’a rapporté le secrétaire général de SOS Journalistes, Joseph Guyler C. Delva, le commissaire du gouvernement Alix Civil a considéré que les journalistes, qui pourtant se trouvaient paisiblement assis dans son bureau sur sa propre invitation, étaient responsables des actes répréhensibles commis par certains membres de la foule.

« J’ai insisté pour demander au commissaire Alix Civil qu’est-ce qu’il reprochait aux confrères en terme d’infractions, à eux, personnellement imputables, le commissaire m’a répondu même s’ils n’ont personnellement commis ces infractions, mais la foule, composée de plusieurs milliers de personnes, était sous leur contrôle », a rapporté Guyler C. Delva.

« Le commissaire Civil a décidé d’arrêter les journalistes à la place de ceux qui, à l’extérieur lançaient des pierres dans le cadre de leurs accrochages avec forces de l’ordre qui lançaient des coups de matraques et coups de feu pour disperser la foule. Ceci est une aberration ! », a déclaré Guyler C. Delva, rappelant qu’en matière pénale, la responsabilité est personnelle.

« Les journalistes n’était à aucun moment à la tête d’une foule violente ni en train d’inciter ou d’instruire qui que ce soit à commettre des actes de violence. D’ailleurs, ils étaient à l’intérieur du bureau du commissaire du gouvernement », a fait remarquer le secrétaire général de SOS Journalistes.

Selon des sources diverses, certaines autorités politiques et judiciaires dont le commissaire Alix Civil et le maire de Petit-Goâve, Roland Justal, ont toujours exprimé dans certains milieux leur aversion envers Radio Prévention et ses journalistes vedettes, Ernst Joseph et Wolf François, en raison des émissions à caractère politique, humoristique et satirique qu’ils présentent régulièrement sur les ondes de la Radio.

« S’il y a eu trouble à l’ordre public à l’extérieur du parquet, il revenait à la police et aux agents de l’ONU présents sur les lieux d’arrêter les fauteurs de troubles, puisqu’ils sont chargés du maintien d’ordre », a fait savoir M. Delva qui dit ne pas comprendre pourquoi les journalistes ont dû être arrêtés alors qu’aucun des casseurs présumés n’a été appréhendé.

« Je pense que le commissaire Civil, prédateur de la presse qu’il est, devra arrêter beaucoup plus de journalistes. Nous allons organiser une caravane de journalistes venus d’autres endroits du pays pour nous rendre dans son bureau à Petit-Goâve et je crois qu’il devra nous arrêter tous, à commencer par moi-même », a fermement déclaré Guyler C. Delva.

Les journalistes ont été transférés de Petit-Goâve à la prison de Carrefour, dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince, où ils détenus dans des conditions très difficiles.

Alors que les journalistes se trouvent incarcérés au centre de détention Omega, des prisonniers venus d’ailleurs ont été amenés dans l’après-midi du jeudi 23 juin pour n’y passer qu’une nuit. Et pendant cette nuit, lesdits prisonniers ont maltraité les confrères, avant d’être reconduits le lendemain matin dans un autre endroit.

« Ceci est un acte extrêmement grave. C’est tactique souvent utilisée par des politiciens et autres lâches acteurs qui veulent infliger des sévisses corporels à certains détenus », a fait savoir M. Delva. « Nous avons le droit de soupçonner la main cynique de ceux qui se trouvent derrière cette arrestation arbitraire », a-t-il soutenu.

Emetteur et autre matériel confisqué

Sur ordre du commissaire Alix Civil, le juge de paix, Jean Jude Léandre, s’est rendu à la radio pour y apposer les scellées. Sur ordre du commissaire Civil, l’émetteur, la console et des microphones appartenant à Radio Prévention ont été enlevés et transportés dans un camion de la police (UDMO) dans un endroit inconnu.

« C’est inimaginable qu’un commissaire du gouvernement décide d’emporter l’émetteur et d’autres équipements qui font fonctionner la Radio. Les autorités ont même confisqué la patente de la Radio », a dénoncé Guyler C. Delva. Selon SOS Journalistes, les journalistes ne sont pas au-dessus de la loi et se doivent d’exercer la liberté de la presse de manière responsable. Cependant, s’il y a diffamation, il y a des procédures à suivre et l’arbitraire ne sera jamais accepté, a-t-il dit.

M. Delva dit avoir parlé à des membres du cabinet du président Michel Joseph Martelly, qui ont assuré que le Chef de l’Etat ne soutient nullement pareils actes contre la presse. M. Delva déclare qu’il va rencontrer le président de la République sur cette question.

SOS Journalistes exige la libération immédiate des journalistes incarcérés et entend intenter une action en justice contre le commissaire Civil pour abus de pouvoir. SOS exige également que les scellées apposées sur les portes de la Radio soient levées immédiatement et que l’émetteur et les autres équipements confisqués soient restitués et que la remise en onde de la Radio soit garantie.




BÔ KAY NOU


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