Mise à jour le 12 juillet
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Samedi 19 août 2017 07:22 (Paris)

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Un an de veille

Ces derniers temps, le président Préval accumule les victoires : une sourdine à l’augmentation du salaire minimum, des « élus » qui ne plaisent qu’à lui, le vote de censure venu sanctionner le gouvernement de Michèle Pierre-Louis. Le problème, c’est que rien ne prouve que ces victoires agissent en faveur du pays. Salariés en colère, électeurs et partis criant qu’on leur a volé leur vote, et enfin l’inquiétude provoquée par le départ d’un gouvernement qui n’était pas aimé de la population, mais qui semblait s’installer dans le paysage pré-électoral comme un ensemble de figurants sans intérêts ni influence.

Le gouvernement de Michèle Pierre-Louis n’était pas forcément très efficace, et son chef avait une tendance à la complainte qui permettait de douter de son autorité comme de sa capacité d’action, mais pourquoi le renvoyer maintenant et pas avant. Car l’inefficacité qu’on lui reproche a été sa marque dès le début, et il y a sans doute une part de malhonnêteté intellectuelle et un manque d’éthique flagrant de la part de la bande à Préval : Michèle Pierre-Louis n’a rien fait de bien, telle semble être leur conclusion. Mais qu’aurait-elle pu faire si son action était contrariée par la présidence.

Par Lyonel Trouillot

Il est vrai que l’erreur de Madame Pierre-Louis a été d’entrer dans la bataille sans bâtons, comme à reculons, depuis cette déclaration sur sa vie privée, jusqu’à son acceptation d’un Cabinet ministériel sur lequel elle n’avait apparemment pas grande autorité. En politique comme ailleurs, nul ne peut profiter de son erreur. Mais que Michèle Pierre-Louis ait été naïve ne diminue en rien la responsabilité du président Préval.

Le plus incongru dans la décision des sénateurs prévaliens, c’est qu’ils n’en veulent pas au gouvernement mais au Premier Ministre. Dans la réalité, ce n’est pas le gouvernement qui a été sanctionné, c’est Michèle Pierre-Louis qu’on a voulu éloigner du pouvoir. Pourquoi ? Sans lui vouloir du mal ni douter de sa compétence personnelle, on voit mal pourquoi un ministre de deux gouvernements destitués pour manque d’efficacité deviendrait souvent le chef d’un gouvernement efficace. Un an avant les élections présidentielles, la manœuvre ne peut viser que les élections. Pourquoi ? Dans quel but ?

On ne peut oublier le « mache prese » du président Préval pour amender la Constitution…

Aujourd’hui, le président Préval a beaucoup de pouvoir. Trop de pouvoir. Et pour lui. Et pour le pays. Quand on a beaucoup de pouvoir on a tendance à vouloir le garder. Pour le garder il faut en avoir encore plus. Alexandre Pétion en savait quelque chose. Ou alors, on peut vouloir utiliser le pouvoir pour s’assurer la tranquillité d’après le pouvoir. Dans l’un ou l’autre cas, il reviendra au pays de rappeler le président Préval à l’ordre de la modestie. Je ne lui prête pas de mauvaise intention, mais le pouvoir corrompt…

Oui. Nous voici donc en temps de veille. Si glissement il vient vers folie de pouvoir, il faudra que le pays s’exprime contre une telle dérive. Pour le bien même du président Préval, comme pour le bien du pays. Le problème c’est que nous aurons sans doute à le faire sans le support institutionnel de la majorité du Sénat.




BÔ KAY NOU


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