Mise à jour le 12 juillet
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Mercredi 23 août 2017 04:14 (Paris)

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« L’Etoile noire »

La nouvelle a surpris agréablement ses supporters à travers le monde et rendu furieux ceux qui croyaient l’avoir brisé comme une statue de sel. Barak Obama a été choisi comme le nouveau prix Nobel de la paix ! Et pourtant une rengaine conservatrice lourdement amplifiée par certains réseaux d’information célébrait déjà à longueur de colonnes la chute d’un météore. Et l’on parlait même dans certains cercles conservateurs d’un Waterloo postmoderne, le salaire mérité, pour certains, de tant d’audace de la part d’un homme qui initia dans les mentalités une révolution qu’on pensait relever de l’esprit « brumeux » des philosophes. La vérité est que toute réussite de l’administration Obama dans les grandes lignes de la politique définie pendant sa campagne changerait pour de bon la face du monde et mettrait plus d’humilité dans les relations entre grandes et petites nations ; une diplomatie revisitée remplacerait celle qui veut que « le tigre n’a pas à discuter de sa tigritude mais à foncer sur sa proie ». La vieille et sanglante diplomatie de la canonnière que certains faucons considèrent comme un horizon indépassable se verrait reléguée, le temps d’un mandat, au musée des horreurs de l’Histoire

Par Roody Edme

Plus qu’une œuvre achevée, c’est un parcours qui a été récompensé par cette haute distinction, quoique l’on puisse penser par ailleurs des grands prix internationaux…celui là est carrément subversif. En ce sens qu’il vient récompenser un homme d’Etat qui a osé déclarer travailler pour une planète dénucléarisée et œuvrer pour un dialogue des civilisations, alors que le monde avait pris l’habitude de croire au pire et s’enfonçait douillettement dans une conflagration inévitable.

La décision du jury Nobel vise surtout ce qu’incarne Barak Obama dans ses discours et dans ses actes, à savoir la convergence des civilisations. Dans son discours du Caire le 4 juin 2008, le président de la plus grande puissance du monde s’est présenté dans un Moyen-Orient bouillant de haine et de fanatisme avec une sagesse et une humilité que l’on ne prêtait qu’au dalai lama. Ce jour-là, il s’adressa directement aux peuples de la région dans une sorte de diplomatie directe qui bouleversa les consciences et ébranla les certitudes : « Le Coran nous dit de toujours garder Dieu à l’esprit et de dire la vérité. C’est ce que je m’efforce de faire aujourd’hui…dire la vérité du mieux que je peux, humble face à la tâche qui m’incombe et toujours convaincu que les intérêts que nous partageons en tant qu’êtres humains sont plus puissants que les forces qui nous divisent ».

A l’époque, un éditorialiste de la presse arabe écrivit que sous Bush, il était plus facile de choisir son camp ! Les détestations contre l’Amérique ayant été exacerbées par une politique qui prenait partie trop ouvertement pour Israël, et qui faisait le jeu des extrémismes de tous bords. Le nouveau président américain changeait la musique en affirmant que d’autres façons de penser étaient possibles, si l’on faisait évoluer les mentalités. Ce même jour, il affirma que l’Amérique comprenait la nature profonde de l’Holocauste comme pour continuer une réflexion faite il y a quelques années par Simone Veil dans la préface d’un des romans de la Martiniquaise Michelle Maillet, qui relate la sombre histoire d’une déportée noire puisant dans le destin de ses ancêtres la force pour survivre au régime des camps : « l’expérience de la souffrance rapproche bien plus qu’elle n’éloigne ceux qui en sont les victimes ».

Barak Obama a ensuite pris des engagements fermes concernant la lutte contre le réchauffement climatique, volant la vedette à une Europe étonnée de ce virage à 180 degrés d’une Amérique qui incarnait pour des militants écologistes, le « grand Satan ».

Il a ensuite ramené son pays dans le concert des nations en défendant le multilatéralisme et une organisation des Nations-Unies à réformer avec toutes les nations et non pas sous le commandement unilatéral d’un quelconque Empire. Sa décision de ne pas déployer des missiles en Pologne et en Hongrie a désamorcé les enchères nucléaires d’une Russie nostalgique des « neiges » d’antan. Toute chose qui donne à l’extrême droite, une envie folle de dégainer…

Celui qui prétend apporter la paix aux hommes de bonne volonté semble maitriser le meilleur de toutes les religions et incarner une conscience responsable avec un rare sens de l’équilibre. On comprend pourquoi il focalise contre lui les faisceaux de haine de ceux qui croient dans la séparation des races, ceux qui veulent que leur pays soit une nation debout sur les ruines du monde, ceux qui ne veulent pas que l’Amérique change pour pourvoir poursuivre leur croisade sanglante au nom d’une cause dont la résolution troublerait leur sombre dessein, ceux qui croient que la paix est une valeur peu virile. Et enfin et surtout ceux qui croient que le réchauffement climatique n’est que fantasme de quelques hurluberlus qui « broient du vert ».

Barak Obama est un homme qui dérange les prêt à penser idéologiques et sa désarmante humilité énervent tous ceux qui adorent savourer les attributs de la toute puissance et les pompes de l’ostentation.

Les lézardes de sa politique en Irak et en Afghanistan, exploitées par ses adversaires, proviennent des lignes de faille de la politique étrangère triomphante et solitaire de l’Administration qui l’a précédée. Ceux qui croient que ce prix vient trop tôt, devront comprendre que ce chef d’Etat atypique a besoin pour ne pas échouer ou se « métamorphoser » en loup du support de la société civile internationale à un moment où il est encerclé par une meute haineuse et réactionnaire.




BÔ KAY NOU


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