Mise à jour le 5 septembre
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Vendredi 22 septembre 2017 06:35 (Paris)

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À la merci des “hommes de Dieu”

« Moi, si j’ai un enfant qui refuse d’aller à l’office, je le battrai jusqu’à me casser le bras. Au nom de Jésus » J’ai entendu cette phrase un dimanche matin. Elle était prononcée par un « homme de Dieu », un « pasteur ». En cette année 2009. Les fidèles rassemblés dans l’église l’ont entendue. Parce qu’ il y a des gens qui vont à l’office le dimanche matin, ce qui est tout à fait leur droit et obéit en toute légitimité aux obligations qu’ils se donnent. Les passants l’ont entendue, les résidents du quartier l’ont entendue, parce qu’en violation des lois de la République, des « hommes de Dieu » utilisent les dons et les offrandes qu’ils reçoivent et gèrent sans contrôle réel de la part des instituions publiques pour l’achat de matériel dans le but de produire du bruit.

Les quartiers les moins chanceux ont parfois deux ou plusieurs de ces « églises », et c’est la concurrence : laquelle fera le plus de bruit, à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit. Dans les véhicules de transport public, dans ceux qui appartiennent à des particuliers comme dans ceux administrés par l’Etat ou des organismes associés à l’Etat, des « hommes et femmes de Dieu » agressent verbalement les passagers, leur prédisent l’enfer, les accusent de pécher et se chargent de leur enlever toute paix sur le trajet.

Par Lyonel Trouillot

Certains représentants et pasteurs des cultes réformés, sans dire qu’il s’agit là d’un mouvement d’ensemble, s’arrogent le droit de violer les lois de la république, d’envahir les espaces privés et publics, en toute impunité, avec la complicité par peur ou par laxisme des mairies, de la police et de cette fiction qu’on appelle le ministère des cultes. La liberté de religion doit être absolument préservée et tous les cultes doivent pouvoir s’exprimer. Mais, ce n’est pas de la liberté des cultes qu’il s’agit ici, c’est de la violation des droits des citoyens. Et de la production d’un discours – là encore, rien ne permet de dire que ce soit un mouvement d’ensemble – agressif, belliqueux, obscurantiste et sectaire. Cet homme que j’ai entendu malgré moi (le vacarme m’a sorti de mon sommeil) se proposer de battre un enfant jusqu’à se rompre les os et proposer aux membres de son église de faire de même, officie au nom d’une structure organisée, enseigne à des enfants dans une institution scolaire liée à son église. Et je l’ai aussi entendu prêcher que la famille n’est rien, que tout humain cache un monstre, que les voisins sont des ennemis qui vous veulent du mal, que tous les malheurs du pays, y compris le manque de travail, d’écoles et d’hôpitaux, sont l’œuvre des « bakas ».

Je me pose alors deux questions : l’une porte sur la protection des droits des citoyens et s’adresse aux responsables de nos institutions gouvernementales : l’Etat n’a-t-il pas la responsabilité de garantir la liberté des cultes et de forcer l’exercice de cette liberté à rester dans les limites de la loi ? La deuxième, je la poserais en premier lieu aux responsables des cultes réformés : suffit-il de croire pour avoir droit au prêche et ont-ils conscience des horreurs obscurantistes qu’ils expriment et des pratiques rébarbatives auxquelles s’adonnent des personnes qui se réclament de ces cultes ?




BÔ KAY NOU


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