Mise à jour le 12 octobre
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Lundi 23 octobre 2017 13:34 (Paris)

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Quelle réforme Agraire en Haïti ?

L’homme ne peut se passer de la terre, car c’est d’elle qu’il tire sa subsistance, c’est elle qui constitue l’assise fondamentale de sa vie. Il convient toutefois de noter que, si, depuis l’origine, la surface de la terre à peu changé, la population a beaucoup augmenté.

A l’âge paléolithique, où les terres abondaient au service d’un nombre restreint d’habitants, chacun pouvait s’en attribuer une part a sa guise. Aucun problème foncier ne se posait encore. Mais lorsqu’avec le temps elles ont été habitées par une population devenue plus dense, l’offre ne parvint plus à satisfaire la demande.

La possession du sol fut l’enjeu de conflits entre individus comme entre nations. Des lors, naquit le problème agraire.

Par POLYCARPE Alfred (Caraïbe Express)

Notre pays n’a pas pu éviter ce genre de luttes représentant un problème permanent. Les gouvernements successifs haïtiens ont tout tenté en vue de résoudre ce problème. On a souvent entendu dire qu’Haïti est un pays essentiellement agricole. Cela sous entend qu’elle est en mesure de nourrir ses fils sans attendre le secours des étrangers.

Avec l’accession au pouvoir de l’ex-prêtre Président Jean Bertrand Aristide, qui se disait envoyé de Dieu pour sortir les haïtiens du marasme dans lequel ils se trouvaient, on a assisté à toute une série de gouvernements composés d’Agronomes : Premier Ministre Agronome, Ministre Agronome et Président Agronome. L’ironie du sort, le pays ne faisait que s’engloutir dans la misère la plus profonde à cause de sa baisse de production.

Brièvement, l’expression REFORME AGRAIRE peut se définir comme étant un ensemble de lois portant sur la répartition et la valorisation des terres en faveur des non-possédants, des petits propriétaires et de la population en général. Il ne saurait exister de reforme agraire sans une loi relative.

En effet, l’accaparement sans limite de la terre tel que pratiqué par les gros propriétaires constituait un abus certain. Les Métayers, ne cultivant pas leurs propres terres, n’ont rien qui les stimule à produire davantage. Les champs restent souvent à l’abandon et la production devient de plus en plus mince. Il y a la un indice clair de la mauvaise distribution du patrimoine foncier et de sa mauvaise exploitation.

L’étendue des terres cultivables est nettement insuffisante. C’est la que réside essentiel du problème agraire.

Avec un système si déraisonnable, le Métayer doit non seulement payer des redevances de location élevées et souffrir d’autres formes d’exploitation, mais encore accepter un engagement a durée indéterminée et sans aucun contrat écrit auquel se référer. Ce qui permet au propriétaire de renvoyer le métayer a son gré, augmentant ainsi ses maux.

Ceux qui louent la terre ne cultivent que de petites superficies. Les loyers dépassent très souvent la moitié de la récolte. Ces mauvaises pratiques dues à l’absence des lois agraires sont multiples.

Comment peut on, dans ces conditions, espérer en Haïti un accroissement de la production, une meilleure exploitation afin d’améliorer les conditions de vie de la population ?

Il est regrettable que des mesures aient été mises à exécution partiellement et momentanément. En outre, cette reforme ne doit pas se réaliser seulement dans une région. Elle doit s’étendre au niveau national. A la vérité, le problème foncier tant sur le plan politique, économique que social a reçu des solutions fragmentaires.

Si la constitution est la loi fondamentale d’un pays, on doit l’appliquer. Que dit la constitution de 1987 concernant l’agriculture et la reforme agraire respectivement dans les articles 247 et 248 ?

Dans l’article 247 on lit : l’agriculture, source principale de la richesse nationale est garantie du bien-être des populations et du progrès socio-économique de la Nation.

L’article 248, de son cote stipule : il est créé un organisme spécial dénommé : INARA (Institut National de la Reforme Agraire) en vue d’organiser la reforme des structures foncières et de mettre en œuvre une reforme agraire au bénéfice des réels exploitants de terre. Cet institut élabore une politique agraire axée sur l’optimisation de la productivité au moyen de la mise en place d’infrastructures visant la protection et l’aménagement de la terre.

Cette loi mère du pays est elle appliquée a la lettre ? Nous répondrons par la négativité.

Et c’est justement pourquoi nous tenons a différencier Reforme Agraire de l’initiative du pouvoir en place, axée sur l’incompétence, l’illégalité, l’individualité, l’ignorance, la tolérance et la militance.

La constitution de 1987 résume en peu de mots les responsabilités de l’Etat. Celui-ci a pour obligation d’établir les structures nécessaires pour assurer la productivité maximale de la terre et la commercialisation interne des denrées. Des unités d’encadrement technique et financières sont établies pour assister les agriculteurs au niveau de chaque section communale.

Ces réformes dont certaines restent à l’état de projets, ne sont pas réellement appliquées, ce qui fait l’affaire de nos politicailleurs.

L’INRA, l’Institut chargé de réaliser ces réformes ne dispose pas de lois cadres. Il ne devrait pas s’occuper uniquement des terres en litige. L’Etat n’encadre nos agriculteurs sur le plan technique et financier que d’une manière mesquine et démagogique. De plus, ½ carreau de terre ne suffit pas. Le cout de la production de leurs produits est nettement élevé, ce qui les empêche de générer des profits raisonnables après la récolte.

Cette carence d’encadrement étatique décourage les paysans. Car sa terre, n’étant pas irriguée, reboisée, revalorisée, ne suit que le chemin du déclin. Ainsi n’ayant rien à gagner, les paysans laissent de gré ou de force leur milieu pour venir grossir les bidonvilles de Port-au-Prince et d’autres villes de province. Ce phénomène migratoire interne constitue une cause de l’exode vers l’étranger. D’ailleurs, c’est que nous constatons depuis quelque temps.

Si nous voulons accomplir notre mission, nous devons en premier lieu avoir une vision claire et exacte du problème de l’agriculture (en question). Car, si cette situation reste inchangée, elle finira par engendrer des troubles politiques et sociaux beaucoup plus sérieux. La répartition des terres dans certaines zones du pays a déjà fourni d’innombrables exemples malheureux.

Les conflits terriens entre les habitants de Jean Rabel et du Carrefour l’ODVA en sont des preuves éloquences. Il est indispensable que l’agriculture haïtienne soit rationnalisée. Nous devons savoir, une fois pour toutes, qu’il faut traiter le problème foncier avec tout le soin nécessaire, faute de quoi, les efforts déployés en faveur de l’agriculture resteront vains.

Terminons avec un vieux dicton : une nation dépend de son peuple et le peuple dépend de sa nourriture pour subsister.

Dans une société, résoudre le problème de l’alimentation du peuple est la tache essentielle de ceux qui veulent stabiliser la vie familiale, mettre de l’ordre dans la vie nationale et contribuer à la paix. Vente affamée n’à point d’oreilles.




BÔ KAY NOU


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