Mise à jour le 21 novembre
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Jeudi 14 décembre 2017 08:49 (Paris)

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La nécessité fait-elle loi dans l’univers de la démence ?

Les britanniques ont créé leur célèbre détective : Sherlock Holmes. Le cinéaste américain, Alfred Hitchcock demeure la légende du genre suspense. Stephen King, le maître incontesté de l’horreur continue d’influencer des adeptes. Les réalisateurs d’origine haïtienne, Richard Arens et Samuel Vincent font preuve d’une créativité monstrueuse à glacer le sang. C’est donc la terreur qui constitue la parfaite co-relation entre MY NAME IS et NATALIE.

Par Marie Flore Domond

Les scénarios des deux longs métrages : My name is… et Natalie sont robustes dans le genre cynique. Je ne suis guère un amateur du cinéma catastrophe voire le genre d’éprouvante ! Pourtant, après les avoir visionnés, sous influence d’une vendeuse, ils m’ont beaucoup interpellés ; particulièrement My name is dont la ligne de l’interdit est fondée sur la violation de la vie privée, un des principes fondamentaux des droits humains.

Shudson Boursiquot incarne son rôle de psychopathe endurci avec brio. Souhaitons que ce personnage ainsi que son alter ego Juliette Milord qui interprète Natalie demeurent virtuels pour le bien de l’humanité.

Horrible scène du film : Natalie

Bien entendu, dans My name is…, l’antagoniste de premier plan vole, viole et tue pour assouvir ses pulsions criminelles. Il n’en demeure pas moins que cette force du mal a été déclenchée suite à une brutale provocation. Car l’invasion domicile n’est pas un geste banal. C’est un acte définitivement très grave…

Le personnage Natalie manipulant le corps d’une de ses victimes

Les deux histoires sont loin de se ressembler. Toutefois, elles traitent le même sujet épineux : La maladie mentale. Dans le cas du personnage joué par Boursiquot, il s’agit d’une dépression identitaire et affective auxiliaire du désordre mental qui s’est dégénéré progressivement. Un mal qui n’a pas été dépisté, ni diagnostiqué par l’entourage du déficient !

Directions opposées : My name is… s’élève contre les préjugés qui affectent la santé mentale

L’attitude d’ermite n’est qu’une façade trompeuse de la folie meurtrière du personnage joué par l’acteur Boursiquot (My name is…). De toute évidence, son complexe d’infériorité a pris le dessus de sa faible personnalité Les mesures préventives étant inexistantes, ce dernier a été bascule dans une perte totale de contrôle de sa personne. Humainement parlant, le festin d’orgie qui se déroule dans l’histoire est affreux. Par contre, sur le plan artistique voire cinématographique, c’est réussi ; surtout les plans de nudité de l’interprète masculin.

My name is… est une preuve magistrale des ravages de la névrose. En passant par la phase latente jusqu’à son éclatement disproportionné à travers la marginalité, l’isolement, la révolte et même l’autodestruction.

En prime, le réalisateur met davantage l’accent sur le thème de L’INFORMATION en signalant que le manque ou l’absence d’informations conduit inévitablement à l’échec. Alors qu’il aurait pu miser sur l’optique de l’équilibre émotionnelle qui passe forcément par les ressources affectives. Selon la perception de l’auteur, on retient que l’argent, le renommé ou la réputation et l’information qui font qui font avancer le monde. Dans le cas contraire, on ne fait que tourner en rond.

Justification d’un titre en anglais

On ne peut reprocher au cinéaste Richard Arens de se laisser influencer par la culture anglophone puisqu’il réside aux États-unis depuis un certain temps. Personnellement, je le félicite pour cette charmante présentation anonyme. Rappelons que l’auteur a également signé une comédie de mœurs délirante : CHOMECO qui a fait un malheur au deuxième Festival International du Film Haïtien de Montréal. Quant Alelouya son premier long métrage, c’est le favori de plusieurs cinéphiles haïtiens. Show kola est relativement récent. J’aurai amplement le temps de vous communiquer mes impressions.

Natalie soulève le voile sur les étapes de la démence

Milord, elle, dans le rôle de Natalie est affectée d’un dédoublement multiple de sa personnalité que sa mère n’a pas jugé bon de maîtriser depuis sa tendre enfance !

Les vrais films de divertissement et les autres…

Les deux films en question ne ressemblent en rien aux atroces violences portées quasi gratuitement à l’écran sous de faux prétextes. Je m’explique. A mon avis, les crimes inspirés des faits réels devraient conserver un caractère éducatif en s’inscrivant dans le cadre des films documentaires. Et seules les idées ou réalisations provenant du fruit de l’imagination peuvent être considérées comme des produits de divertissement ! My name is… est un film commercial. Le dilemme qu’il présente est loin des tendances d’avares de biens mal nantis et des sanguinaires en puissance qui se livrent dans des actes de kidnapping, de viols en massacrant tout sur leur passage.

Au centre, Juliette Milord, à droit, sa maman et à gauche, sa cousine

Des victimes sans protections de droit civique

Chaque auteur est libre de conduire la cohérence de son œuvre. Cependant, j’ai du mal à comprendre pourquoi le réalisateur a choisi d’esquiver une intervention plausible des forces de l’ordre et des autorités judiciaires. La police n’exerce aucun pouvoir coercitif. Pas une seule tentative n’est démontrée dans l’espoir de capturer la contrevenante. Même s’il s’agit d’un cas d’aliénation mentale, les représentants de la loi sont là pour assurer la protection des citoyens. Figurez-vous qu’après trois meurtres, une équipe d’intervention d’urgence et l’unité des légistes se retrouvent effectivement à la résidence de la meurtrière. Personne ne se soucie de l’appréhender tandis qu’elle sème la terreur à un autre endroit bien identifié ! Natalie est un excellent film où l’amitié mise à rude épreuve. Néanmoins, j’avoue que la perspective de laisser libre champ à des cinglés me terrorise.




BÔ KAY NOU


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