Mise à jour le 14 novembre
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Lundi 20 novembre 2017 23:57 (Paris)

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La Méditerranée entre le chaud et le froid

Il fait chaud cet été. Et ce n’est pas que le climat qui se réchauffe dangereusement, les tensions montent au Moyen-Orient et le baromètre politico-militaire atteint des proportions inquiétantes sur l’écran des relations entre les deux principales puissances régionales rivales que sont l’Iran et Israël.

Texte proposé par Roody Edme

Pourtant le calendrier international à quelques mois des élections américaines ne devrait pas se prêter à un conflit d’envergure. Les généraux du Pentagone n’engageraient nullement leur pays dans un affrontement majeur avec Téhéran, à quelques encablures du scrutin américain.

La lourde présence de la cinquième flotte américaine pas loin des côtes iraniennes aurait donc une vertu purement dissuasive. Toutefois, les défilés militaires et la volée de missiles dans le ciel de Téhéran ont semblé cristalliser une tension longtemps perceptible dans les discours sulfureux de Mahmoud Amadjinedad.

Des essais destinés à montrer que la république islamique détenait assez de capacité de nuisance sur le plan militaire pour embraser les réserves pétrolières de la région.

Le pétrole, le sang noir d’une économie mondiale désormais sous dialyse et dont l’état de santé inquiète les experts qui en prévoient une longue convalescence, le pétrole dont l’odeur entêtante alourdit les esprits et excite les convoitises peut tout faire déraper et nous entraîner dans une folle équipée guerrière à l’instar du conflit irakien.

D’autant qu’il y a aussi le nucléaire iranien qui enlève le sommeil aux occidentaux bien décidés à empêcher à l’Iran de disposer de la « bombe » dont les sources les plus crédibles affirment que le rival Israélien en disposerait déjà trois cents.

Toutefois un rapport déclassifié des services américains, « Intelligence Estimate Report » à propos de l’Iran, consultable à partir du site Internet du journal Le Monde prévoit pour dans une dizaine d’années au moins «  l’arme absolue » iranienne.

Il n’y a donc pas de menace immédiate pour Israël, dont le rapport de force avec l’Iran se mesure sur échelle de 1 à 5. L’Etat hébreu garde en effet une suprématie militaire et technologique sur la région et peu de gens croient à un conflit imminent entre les deux pays, d’autant que Téhéran a besoin de temps pour renforcer son arc chiite autour de ces deux colonnes que sont le Hezbollah et le Hamas ; des milices très actives dans toute la région et qui sont douées d’influence politique notoires au Liban et en Palestine.

Amadjinedad a aussi besoin de gagner du temps pour se pencher sur une économie malmenée par les sanctions occidentales. Une économie qui a besoin d’investissements et dont la posture guerrière de son principal leader fait fuir les amants fortunés de l’or noir. La compagnie française Total vient d’annoncer le gel de son projet d’investissement de plusieurs centaines de milliards de dollars. Mais qu’à cela ne tienne, le géant russe Gazprom est un prétendant assidu disposé à combler le vide que laisserait la compagnie Total, si cette dernière fait trop la fine bouche.

Mais la balance demeure fragile entre la guerre et la paix, d’autant qu’il se murmure ici et là que les ultraconservateurs américains n’auraient pas dit leur dernier mot. Et qu’une opération ciblée sur les installations d’enrichissement de l’uranium en Iran via les pilotes expérimentés de Tsahal serait leur « dernier testament ».

La bonne nouvelle tout de même vient de Paris ou se tient le sommet de l’Union pour la Méditerranée et où l’on a vu le retour en force de la Syrie sur la scène internationale, mais aussi une tentative audacieuse de Nicolas Sarkozy de faire bouger les lignes de chaque coté de la méditerranée.

La marée nostrum de Byzance et de Rome après avoir été la « mer de toutes les batailles » sera-t-elle désormais celle du pont jeté entre le Nord et le Sud.

On peut rêver !




BÔ KAY NOU


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