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Dimanche 22 octobre 2017 21:25 (Paris)

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Grégoire Aniocles - 2

Entretien avec Grégoire Aniocles

Q. De toute évidence, vous êtes dans une période de création intense pour la fin de l’année 2006. Généralement, est-ce que cet état d’inspiration se fait à chaque année et à la même époque, c’est-à-dire de façon cyclique ?

R. Mon principal souci est de structurer mes créations, mais de façon prématurée. Je fonctionne méthodiquement par collection et par année de production. Ainsi, à chaque fin d’année, j’entame une nouvelle collection. Ce qui veut dire, j’achève la collection 2007 et je débute déjà celle de 2008.

Q. Est-ce que le même principe est valable pour la sculpture également ?

R. Tout à fait.

Q. Vous m’avez confié que vous préservez toujours une suite logique d’une collection à l’autre ; à savoir que c’est à partir d’une ancienne pièce que vous débutez une nouvelle. Pouvez-vous nous parler de cette discipline artistique que vous adoptez. Et pourquoi vous vous y soumettez ?

R. C’est surtout en raison des œuvres qui doivent partir dans les différentes galeries.

Pose de dame

Q. Etes-vous entrain de me dire que vous travaillez sur commande ?

R. Absolument pas. Je ne travaille pas par œuvre individuelle. Je fournis entre 30 et 60 œuvres par collection. Il me faut donc une certaine discipline pour pouvoir répondre à mes obligations professionnelles.

Q Pour vous dire franchement, je suis sous le charme de votre palette de couleurs. Qu’est-ce qui influence votre choix de teinture au moment de vos inspirations ?

R. Mes choix de couleurs, je les fais en fonction de mes recherches par rapport à la collection. Je m’inspire des fleurs, de mes rencontres. J’utilise en fait l’ensemble des objets que je côtoie tous les jours. Il ne faut pas oublier que je suis Antillais, génétiquement, j’ai des couleurs en mémoire !

Q A propos de vos recherches, sur quoi se basent-elles ?

R. Chacune de mes collections est basée sur l’Art traditionnel haïtien et africain. Je m’éternise sur les vécus, les histoires de nos ancêtres. J’ai également beaucoup d’influence de mon environnement. Évidemment, je vis au Québec, au Canada.

Q. Vous considérez-vous comme un artiste peintre conventionnel ?- D’après vous, qu’est-ce qui vous différenciez des autres ?

R. Je ne me préoccupe pas de définir les critères de ressemblance et de différence. Ce qui m’importe, c’est de toujours améliorer mon travail. Et je travaille ma technique à même les matières qui sont d’une importance capitale à mes yeux.

Regard sur le paysage hivernal

Q. Dans la phase que vous travaillez vos toiles en y ajoutant des éléments de composition, j’aurais tendance à croire que vous vous rapprochez de beaucoup de l’art plastique. Ai-je tort ?

R. Vous avez tout à fait raison. Je considère mes peintures comme des sculptures sur toile.

Q. Loin de moi l’idée de vous demander de révéler vos nombreuses recettes. Mais voulez-vous nous donner des raisons pour lesquelles vous les utilisez ?

R. Tout d’abord, il y a cette espèce de désordre permanent qui me permet de mieux créer. Je peux travailler sur deux ou trois œuvres en même temps. Il m’arrive d’être en manque d’inspiration pour une collection, je la mets de côté, et je passe à la prochaine. C’est pour cette raison que je suis en avance sur les collections. Pour ce qui est du choix de mes matières, c’est très instinctif. J’utilise des tissus, du fil, du coton, de la cire, du gravier. Tout dépend en fait de mon humeur et de la disposition des œuvres dans l’atelier. Les œuvres au alentour de moi me permettent de m’améliorer, de m’ajuster constamment.

Q. Êtes-vous un artiste qui prime la perfection de son œuvre ?

R. Le mot perfection me dérange. Cependant, l’œuvre doit être à mon goût.

Q. Ajoutez-vous des agents de conservation qui rendent les produits inaltérables ?

R. Du point de vue écologique, je veux rester le plus naturel possible. Et je n’ajoute aucun agent de conservation dans mes produits.

Q, Connaissez-vous d’autres artisans qui utilisent les mêmes techniques que vous ?

R. Mon travail est d’essayer d’apporter un plus dans l’Art pictural et sculptural haïtien. D’arriver sur le marché avec quelque chose de nouveau. Cela étant dit, je connais d’autres artistes haïtiens et africains qui utilisent leur ingéniosité. D’autres créent à partir de rien. Effectivement, je connais d’autres artistes très avant-gardistes qui tentent d’améliorer la peinture haïtienne et africaine.

Danse pour moi (Titres de l’artiste)

Q. Pensez-vous que la tendance du genre primitif est appelée à être démodé un jour ?

R. Je préfère le mot traditionnel que primitif. Car beaucoup d’artistes Européens ont été influencés par l’Art traditionnel africain. Personnellement, je ne cesse de puiser dans mes racines, mes traditions pour progresser, pour avancer. C’est tout à fait naturel. De plus en plus de gens commencent à réaliser que c’est à partir de la source ancestrale, à travers leurs racines qu’ils peuvent rester connecter.

Nomade du désert

Q. Seriez-vous prêt à dire que la sculpture est plus exigeante que la peinture ?

R. La sculpture est surtout un domaine plus dispendieux que la peinture. Puisque le produit fini de mes œuvres sculpturales est coulé dans le bronze, je peux vous dire que c’est très coûteux.




BÔ KAY NOU


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