Mise à jour le 12 octobre
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Vendredi 20 octobre 2017 05:05 (Paris)

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Poème de Saint-John Kauss

VISAGES

pour Nick

« Éponyme, l’ancêtre, et sa gloire, sans trace. » (Perse)

à Manel

« Il faut perdre connaissance. » (Paul Claudel)

Une Ville de Préfète Duffaut

je ne sais plus qui est sylynx du village
si toi et moi / avons le droit de parler
si tu veux marcher tout simplement dans un rêve de famille

cahier aux mille visages qui dit ruine des deux faces de la main
à l’étreinte des eaux
plus que ton nom et plus que ta naissance bâchée des sources
des vagues supposées et sur chaque feuille de surin

petit mélanien à protéger sur les routes du monde
tribus perdues et totems de sauvages
vents de rire dans un poème de lassitude sans fin
plus que jamais l’écho de ton nom dans le minuit dompté des hautes promesses

d’éponyme où se traîne dépeigné l’ancêtre dans sa gloire
d’être le poète des faubourgs des libertés et des fleuves
des auréoles de carrefour et des grands chemins
des déchirures et des nouvelles races blessées

d’être le magicien des terres à s’ouvrir sur le monde
seul hanté devant la case et devant l’esclave
la fugitive dans les marais d’odeur des larmes

pourtant je ne sais point qui est la voix et qui est le chant du village
je ne saurais dire qui danse dans ma nuit pour la grâce et le passage
des morts dans l’au-delà des fleurs

ruine d’une face de la main étant mes yeux où se souvenir
des lambeaux de chemins qui mènent à l’archipel des regards et monts où mon amour de la terre
ma terre de l’ancêtre dépeigné dans sa victoire où il rêve d’oublier

l’oubli des femmes bées au gel de faire l’amour à la bien-aimée si belle
l’esclave du Nouveau Monde dans ses attentes de faible chair

d’être le miracle nègre de tous amours bues dans la poussière et dans le sable
l’aïeule de mes nuits sauvages au bord des saisons

le mot de passe répété à chaque carrefour d’inexorables
gestes patentés dans les registres de l’humain

bouche bée dans la possession de la femme offerte au banquet des vivants -------- à nos transes de condamnés par l’éloge et l’apophtegme du désespoir

le seul et je me vois dans l’illicite des croyances / des dieux poupées d’ébène qui boivent du café torsé et chuchotent pour le rachat de la pucelle et du puceau

le tout et je m’informe dans la géographie des signes / vèvès de l’insondable et de l’architecture parcourue entre les passes du désespoir

le nu et le royaume de ce peuple des mots où je me vois à veiller dans mes serments et promesses l’allitération des gestes mandibulaires et posthumes de l’eunuque

partagés dans l’inconstance et la folie des femmes telles que l’aïeule
des aveux et des requêtes qui la nomment
femme de faible chair et de la délivrance
que je sois libre à présent
de verser du rhum dans la bouche
de la promeneuse adolescente qui parle
les langues accouchées de nos ancêtres

Kirkland, 15 août 2004




BÔ KAY NOU


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