Mise à jour le 12 octobre
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Vendredi 20 octobre 2017 05:11 (Paris)

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Harry Delva : le genre turbo des intervenants sociaux franchit à toute allure une ligne de défense

Porte-parole officielle du Mois Créole 5ième Édition

« Il faut savoir transcender les désaveux pour accéder à la reconnaissance. »

Par Marie Flore Domond

L’un de ses champs d’activités est de prévenir la délinquance. Il fait partie de ceux qui tentent de faire échec aux dérapages des jeunes liés, tant à la crise d’adolescence, qu’aux nombreuses influences négatives sur lesquelles ; ces derniers prennent des mauvais exemples. Tout compte fait, les travailleurs de rue, les repêcheurs ne sont-ils pas à considérer comme des véhicules tout- terrain de modèle universel et inépuisable ?

Harry DELVA, Fabienne COLAS ET Réginal LUBUN au festival du film Haïtien 2005

Dans le rôle de négociateur - médiateur ou arbitre entre les forces de l’ordre et les contrevenants

Harry Delva fait de fréquentes interventions à la télévision dans le but de faire le point suite aux méfaits perpétrés par les gangs de rue. C’est à l’émission Francs tireurs animée par Richard Martineau et Benoît Dutrizac que j’ai réellement réalisé la portée de risque de son travail. Car transiger avec des clans de malfaiteurs dans toute leur adversité alors qu’il est question de territoire... D’ultimatum à intention criminelle défiant la transgression des limites définis unilatéralement par des groupes rivaux, il faut le faire ! Mais les défis de l’homme public ne s’arrêtent pas là. Il se veut compatible à plusieurs causes. Travailleur social, animateur de spectacle et de télévision, acteur dans un prochain film, le voici, portant l’habit de leader d’opinions comme porte-parole du Mois de la Langue Créole.

Il succède donc par ordre décroissant à la talentueuse Sara Rénélik, l’auteur et journaliste Stanley Péan et le charismatique, Luck Mervil des trois dernières éditions.

L’affiche est rendue publique. Le compte à rebours de ses entrevues débute également. Pour rien au monde, nous ne voulons rater l’occasion d’avoir ses avis spécifiquement sur la dynamique de la créolité haïtienne de la relève. C’est parti !!!

J’ai appris de source sûre que vous avez été fortement recommandé par le comité des jeunes de l’organisme KEPKAA. Considérez-vous ce vote comme une sorte de reconnaissance, un signe de complicité entre vous et les membres de la relève ?

Je considère cette proximité comme une sorte de complicité entre moi et les membres qui m’ont choisi. Après avoir travaillé quatorze ans avec les jeunes, il y a un lien qui se crée forcément. Et les reconnaissances comme vous dites viennent naturellement. Mais avant de franchir ce pas, il faut travailler. (Rire)

Comment vous a-t-on approché ?

J’ai tout simplement reçu une lettre officielle de l’organisme KEPKAA me disant que j’ai été choisi majoritairement par les jeunes membres. J’ai répondu. C’est avec fierté que j’ai accepté d’être le porte-parole de la Langue Créole. Car pour moi, parler et écrire le créole est important.

La Maison D’Haïti est un peu un des bastions des jeunes de la communauté haïtienne et vous faites partie du personnel exécutant. Quel véhicule ou plutôt quelle langue utilisez-vous pour communiquer avec cette clientèle ? A quelle proportion ?

C’est principalement la clientèle de jeunes du quartier St Michel qui parle le créole, du moins, leurs parents leur communiquent en créole. Et ces jeunes s’apprivoisent la langue créole en forgeant ce qu’on appelle la CRÉOFRANGLAIS.

Puis- je avoir un exemple ?

« Yo as-tu vu la fam qui mange du banane pesé. »

Mais cela s’apparente beaucoup à du « chartage » des jeunes en général ?

Exactement. Je peux vous dire que le jargon est répandu, car les jeunes québécois utilisent le même jargon. Il s’identifie de plus en plus aux jeunes haïtiens sur le plan musical. Ils tentent de suivre le lien qui les approche davantage du Hip Hop de la musique américaine. La plupart « rapent » en créole. Et ils le font très bien.

En parlant de musique, d’après vous, le rap est-il la continuité du mouvement musical conventionnel au quelque chose de parallèle ?

Le rap est un mouvement revendicateur des années 70-80. Les jeunes américains se sont inspirés du Gospel et autres mouvements.

Pensez-vous que ce genre de musique a une bonne influence sur les jeunes ?

Si on prend "50 cent" à titre d’exemple, je dirai que ce n’est pas positif, mais les jeunes s’identifient beaucoup à ce personnage du mouvement GANGSTER RAP. Que voulez-vous, on a pas toujours le choix ?

Monsieur Delva, chacun a le droit de choisir le bien ou le mal n’est-ce-pas ?

Je suis tout à fait d’accord avec vous. Mais quand on connaît le passé de "50 cent", il n’a jamais eu la chance d’avoir l’encadrement autre que le schéma qu’il dessine.

On est en droit de parler du prix de l’ambition alors ?

Le prix de l’ambition c’est n’importe quoi. Plus précisément, l’argent, la drogue et la femme. La promotion de ces valeurs se fait à coup de milliard.

Je vous remercie monsieur Delva de m’avoir accordé un peu de votre temps.

 




BÔ KAY NOU


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