Mise à jour le 12 octobre
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Vendredi 20 octobre 2017 18:03 (Paris)

Une compagnie vietnamienne sur le point de prendre le contrôle de la TELECO

Vietel Corporation, qui a remporté l’appel d’offres avec une enveloppe de 59 millions de dollars, réclame 70% des actions de l’opérateur téléphonique public ; chargé de conduire le processus de privatisation, le CEMEP souhaite que les ambitions de l’acquéreur soient ramenées à 60% ; la Digicel inquiète de l’arrivée d’un quatrième opérateur privé sur le marché

Radio Kiskeya

Le Conseil de modernisation des entreprises publiques (CEMEP) a annoncé mercredi que dans le cadre du processus de privatisation de la TELECO, l’opérateur téléphonique vietnamien Vietel Corporation a remporté l’appel d’offres de la Banque Centrale visant à céder 60% des actions de la compagnie téléphonique nationale.

La compagnie vietnamienne, dont l’offre est de 59 millions de dollars pour l’acquisition de 70% des actions, était la seule parmi 32 soumissionnaires à avoir rempli les conditions requises en vue de l’attribution de l’appel d’offres, ont fait savoir les membres du CEMEP dans un rapport final présenté à la presse. Les deux principaux opérateurs de téléphonie mobile établis en Haïti, Digicel et Voila, figurent sur la liste des potentiels acquéreurs écartés de la course à cause des insuffisances de leurs dossiers.

Me Alix Richard souligne que la Banque Centrale a été invitée à avoir de nouveaux rounds de négociation avec Vietel Corporation afin de ramener la cession des actions de la TELECO de 70 à 60% toujours pour le même montant de 59 millions de dollars.

Pour sa part, l’ingénieur Yves Bastien a tenté de justifier le faible montant offert par la compagnie vietnamienne pour devenir l’actionnaire majoritaire de la TELECO en soutenant que l’opérateur public de la téléphonie filaire ne valait plus grand-chose, aujourd’hui. Sa compétitivité est réduite à sa plus simple expression à cause, dit-il, des révolutions technologiques successives enregistrées dans le domaine des télécommunications.

Devant l’insistance des journalistes particulièrement curieux de savoir pourquoi la valeur marchande de la TELECO a-t-elle si spectaculairement chuté par rapport à des estimations antérieures, Yves Bastien a décliné toute responsabilité du CEMEP dans cette dévaluation. Il précise que le Conseil de modernisation des entreprises publiques n’a fait que mettre en œuvre les directives de la BRH portant sur la privatisation de la compagnie d’Etat.

Présent à la cérémonie d’ouverture des plis, le PDG de Digicel Haïti, Maarten Boute, a déclaré que le processus d’appel d’offres s’est déroulé dans la transparence. Mais, il a aussi estimé que le montant de 59 millions de dollars annoncé était de loin inférieur à la valeur réelle de la TELECO.

M. Boute en a profité pour exprimer ses préoccupations face à l’arrivée éventuelle de Vietel en Haïti. La présence d’un quatrième opérateur privé (après Digicel, Voila et Haitel) pourrait entraîner à terme l’effondrement du marché des télécommunications, a prévenu le responsable.

L’annonce du CEMEP risque de marquer un tournant dans l’histoire de la TELECO passée en quelques années d’une situation de monopole à une concurrence défavorable après avoir été victime de pillages systématiques et d’un clientélisme indomptable sous plusieurs administrations politiques.

Des centaines d’employés ont été mis à pied ces derniers mois, ce qui a alimenté des protestations en cascade contre le projet de "liquidation" d’une entreprise stratégique qui va priver la population d’un service public essentiel.

Avec des résultats mitigés, deux autres entreprises d’Etat, la Minoterie d’Haïti et le Ciment d’Haïti, ont été privatisées il y a une dizaine d’années, lors du premier mandat du Président René Préval (1996-2001).






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