Mise à jour le 22 juin
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Mardi 27 juin 2017 02:04 (Paris)

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UNE JEUNE ROMANCIÈRE ET UN ZESTE D’ORIGINALITÉ

SUPER COOL un roman de Rose Estelle

Rose Estelle TheodoreDe brillants étudiants, ils n’en manquent pas dans tous les domaines. Vous en conviendrez ! Cependant, il est rare qu’à 19 ans qu’un jeune déploie sa volonté à matérialiser le contenu de son imaginaire fertile au point d’authentifier d’emblée une part de sa propriété intellectuelle. Rose Estelle est la preuve vivante. Hormis ses créations inédites, la jeune étudiante en terminale expérimente un récit romancé. Avant l’étape de la publication, nous nous sommes entretenues à distance ; car l’auteure du roman Super Cool évolue en Haïti, son pays natal.

Entrevue exclusive réalisée
Par Marie Flore Domond

Marie Flore DomondQ. Une grande partie des débats du roman est consacrée à l’adversité. Sachant que vous avez reçu une éducation dans des institutions religieuses. D’où tenez-vous cette concentration de colère, même de malveillance à manipuler ?

R. Le fait de recevoir une éducation chrétienne ne veut pas dire forcément que j’ai vécu dans un couvent. Et dans la rue, dans mon entourage, surtout en allant à l’école, dans des tap tap, je rencontre toutes sortes de personnes. Surtout celles qui sont arrogantes, mal élevées et autres. Quand je rencontre ces personnes-là, je prends tout mon temps pour les regarder, les observer, les étudier. De plus, à l’église ou à l’école à vocation religieuse on rencontre également des personnes qui ont des comportements déplacés. Grâce à de relation de pouvoir, elles se croient tout permettre. Prenons par exemple le cas de Vanessa (dans le roman). Le fait que son père soit un homme d’affaires. Elle se considère comme la reine de l’École (prototype de notre société ! ! !) En fait, cette concentration, je la puise à travers les gens de mon entourage.

Q. Parlons un peu du mode opératoire. Certains de vos personnages semblent se permettent tous les mauvais coups. De votre côté, vous amplifiez les situations pour ensuite les désamorcer presque subitement. Cette manière de faire était-elle un passage obligé ou une forme d’empreinte, de signature consacrée à votre premier roman ?

R. Ce fut un passage obligé. J’ai commencé à écrire SUPER COOL alors que j’étais en seconde. J’ai arrêté l’écriture pour en entamer un autre. J’ai mis trois mois pour le terminer. À cette époque, j’ai fait la connaissance de Pierre. Je lui ai dit que je savais écrire. Il voulait en avoir la preuve. Pour une raison que j’ignore je ne lui pas confié le roman qui était pourtant déjà achevé. Par contre, je lui ai soumis SUPER COOL après l’avoir terminé à son tour en toute hâte. Je devais faire vite. Car quand quelqu’un veut t’aider, on doit être disposé à recevoir l’aide. Et je lui suis très reconnaissante.

Q. Vous avez déclaré dans la rédaction du mot aux lecteurs que le roman tient son souffle sur deux versants, le côté réel et le côté imaginaire. Le public est le grand bénéficiaire de certains faits romancés bien sûr. Pensez-vous qu’il pourrait avoir matière à représailles du côté de vos condisciples de classe ?

R. J’ai surtout écrit ce livre pour toujours me rappeler des neuf années que j’ai passées à l’École Congréganiste Saint-François de Sales, plus particulièrement la dernière année. Ce fut inoubliable, fabuleux, géniale. Enfin, ce fut cool ! On a laissé l’établissement avec regret en se promettant de toujours rester en contact. Quoiqu’ils y aient des divergences entre nous des fois, on s’aimait beaucoup et on a gardé de beaux souvenirs des années passées ensembles. Quand on se croise par hasard c’est toujours avec de la joie dans le cœur qu’on évoque le bon vieux temps. Mes amis seront très enchantés et fiers lors de la publication du roman car je l’ai écrit en leur honneur.

Q. L’écriture n’est pas à la portée de tous. En vous lissant, on a tout simplement l’impression que vous avez déjà fait vos armes ailleurs que dans la conception du roman. Est-ce une habileté innée ou acquise ?

R. C’est inné chez moi. Depuis mon enfance, j’imagine toutes sortes d’histoires. Je restais souvent seule pour penser à tout. Et un jour, je me suis dit pourquoi ne pas mettre sur du papier mes idées ? De là, j’ai débuté. J’étais en 8ième année fondamentale.

Q. J’ai presque le goût de dire que le titre SUPER COOL est une promotion trompeuse. Car il n’y a rien de reposant dans l’histoire comme si par moment LA PAIX ÉTAIT INTERDITE. Comment avez-vous procédé pour la sélection de ce titre qui a eu prédominance sur d’autres appellations, je suppose ?

R. SUPER COOL c’est le nom du clan dont fait partie Marie Carmelle. Je ne voudrais pas attribuer un nom qui ferait défaut au roman.

Q. Maintenant que vous vous plongez dans l’univers de l’invention créative. Vous avez appris à manipuler les mots, les faits, les circonstances. Quel que soit l’issue de votre orientation professionnelle, Pensez-vous que l’écriture toujours sera toujours votre priorité ?

R. Disons que j’ai l’écriture dans le sang. Quel que soit le domaine que je me lancerais, j’écrirais toujours. Je le fais avec amour. Je ne peux pas m’en passer.

Q. Quand peut-on espérer la sortie officielle de votre œuvre ?

R. Je dois vous avouer qu’au lieu d’un livre je voulais écrire un feuilleton et le publier à l’étranger pour recueillir des fonds pour Haïti, sans savoir comment. Mais c’est ce que je voulais faire. C’était un mois après le tremblement de terre. Je voulais produire quelque chose de bon pour pouvoir recueillir plus de fonds que possible. Quoique les jours s’écroulent, je continuais à écrire. Et Lorsque je me suis rendue compte que mon oeuvre ne pouvait pas aider Haïti immédiatement, j’ai plutôt décidé de l’écrire sous forme de roman. J’ai gardé les mêmes personnages. C’est vrai qu’il y en a pas mal. Mais en analysant l’oeuvre, on voit que l’histoire tourne autour d’Alexandra, Renette et Marie Carmelle. C’est pourquoi j’ai fait le choix de SUPER COOL comme titre. Comme je l’ai déjà signalé, après m’être rendue compte que je ne pouvais pas publier SUPER COOL en tant que feuilleton je gardais espoir qu’elle serait publiée au début de l’année 2012. Et j’aurais fait une vente signature le jour de mes 19 ans. J’ai toujours voulu faire de ce jour l’un des plus grands de ma vie. Malheureusement les choses ne sont pas toujours comme nous le souhaitons. Je m’attendais à ce que mon oeuvre soit publiée pendant que je suis en Philo. Là encore, je ne sais pas car les aléatoires de la vie courante peuvent tout bousculer d’un moment à l’autre. Mais ce dont j’en suis certaine, c’est que l’oeuvre sera publiée car il est en bonnes mains maintenant.

Q. Bien que l’histoire se déroule dans un établissement à vocation religieuse, on ne retrouve pas beaucoup de rituel religieux dans le roman ; à part quelques intérêts routiniers pour la messe. Cependant il existe un fait presque voilé qui en dit long et qui indique des pistes de superstition de l’auteure. Marie-Carmelle tient son nom de la Vierge patronne du comté. La mère de cette dernière avait fait un songe au moment où elle était en gestation. C’est loin d’être un détail. Puisqu’elle a été contrainte non seulement de baptiser la fille ce nom mais de prendre une décision capitale. Direz-vous que vous êtes superstitieuse ?

R. Durant ces années passées à Saint- François de Sales, j’ai fréquenté beaucoup de sœurs. Ces femmes me fascinaient et me fascinent encore par leur éducation et leur comportement si distingué. J’étais très attachée à elles et à tout ce qui les environne. Je me rendais à l’église chaque dimanche de très tôt. Cet attachement y est toujours. C’est à partir de cette époque qu’a pris naissance ma dévotion à la Vierge Marie. En ce qui a trait au récit, la maman de Marie Carmelle a décidé de ne pas se séparer de son enfant comme la Vierge le lui avait ordonné. Quoique Marie Carmelle ait beaucoup souffert, elle a pu fréquenter l’une des plus grandes écoles du pays grâce à son intelligence. A la fin on peut contester qu’il y ait de fortes possibilités pour que Marie Carmelle ait un avenir très brillant. Je peux dire que je suis une croyante.

Q. Je dois vous avouer que j’éprouve un sentiment de fierté d’avoir en contact avec l’œuvre avant sortie. Qu’avez-vous éprouvé au moment que vous avez écrit la dernière phrase du roman ?

R) Je me suis consacrée à achever SUPER COOL lors des vacances d’été 2011.Je venais de composer pour le bac 1 et on n’avait pas encore publié les résultats. Je n’avais pas du temps pour guetter la publication des résultats autant que j’étais prise par l’écriture du roman. Chaque matin après avoir aidé ma mère à la maison, j’y laissais et me rendais dans un endroit paisible pour pouvoir travailler tranquillement. Même après mon retour, je travaillais là- dessus encore. Et lorsque j’ai terminé avec, je me suis sentie soulagée, heureuse, confiante, stressée et triste. Quand on écrit on est plongé dans l’aventure et on fait un avec le récit. Les membres de Super cool ainsi que leur famille respective allaient me manquer.

C’était la première fois qu’une autre personne à part moi allait voir mon oeuvre. Et cette personne-là est un journaliste évoluant en France. Je fais référence à M. Pierre Thélémaque. Il y avait de quoi à être stressé. Tout étant anxieux de son jugement, je gardais espoir qu’il allait m’aider. Et je ne cesserai jamais de lui remercier.

- Je vous remercie infiniment ma demoiselle Estelle

- Tout le plaisir est pour moi madame Domond




BÔ KAY NOU


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