Mise à jour le 22 juin
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Mardi 27 juin 2017 03:45 (Paris)

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Qu’avez-vous fait de nos rêves d’enfance, messieurs les politiciens ?

HaitiQui n’a jamais rêvé de voir un jour qu’Haïti redevient la perle des Antilles ? Qui n’a jamais rêvé de voir l’image de notre pays monter sur scène, de quitter l’ombre pour se retrouver sous les feux des projecteurs ? Qui n’a jamais rêvé de voir tous les politiciens haïtiens deviennent des hommes, non des sous hommes ? Et qui n’a jamais rêvé d’un vrai patriote a la tète de notre pays afin que tous, pauvres, riches, blancs, noirs aient la même chance ? « L’essence d’une nation est que tous les individus aient beaucoup de choses en commun, et aussi que tous aient oublié bien des choses ...

Notre existence s’écoule comme la rivière Grise a l’entrée de la Capitale haïtienne, laissant sur ses berges et à son embouchure, les mesquineries de la vie courante. Nos amis d’antan ont disparu dans le décor en emportant avec eux tout un pan de vie collective.
Tout passe ! Tout change ! Tout devient compliqué en Haïti !
Que sont devenus les oppresseurs du temps passé ? Où sont donc les hommes tristement célèbres de notre histoire ? A quoi bon terroriser ses compatriotes pour un pouvoir éphémère ? A quoi sert la violence ? A qui profite le kidnapping, a qui profite le crime électoral ? A cor group ou aux haïtiens eux mêmes ?
Les jours se suivent mais ne se ressemblent pas toujours. Les amis que l’on croyait les plus fidèles ne se font plus entendre. Rien n’est fixe ni immuable ici-bas. Tout change ! Tout se transforme en vents et en poussière puis en poussière dans le vent (Paroles d’Ecclésiaste). Nos souvenirs les plus doux s’effacent pour laisser la place à la désillusion.... Devant la barque nationale en péril nous devons nous regarder dans un miroir et nous poser la question suivante : qu’avons-nous réalisé de bon depuis 1804  ?
Depuis 1804 jusqu’à nos jours les acteurs se sont succédés sur la scène politique sans améliorer d’un iota la situation économique et sociale de nos compatriotes. Si le décor politique varie un peu le rituel reste le même. Où est donc le changement ? Nous avons perdu notre propre identité (celle d’un pays francophone riche en culture, riche en savoir-faire, un pays viveur, un pays bambocheur, un pays où ses enfants étaient fiers d’être nés). Nous sommes, enfin devenir un peuple immoral et sans espoir pour un lendemain meilleur !!!
Le drapeau haïtien, tout au long de notre histoire, comme une feuille de tournesol, a changé du bleu et rouge au noir et rouge et vice versa selon les teintes idéologiques de l’équipe politique en place. Mais la misère du peuple n’a jamais changé de couleur. Les bidonvilles se multiplient et s’élargissent. Où est donc le changement ? La Constitution haïtienne a été complètement réécrite ou amendée à plusieurs reprises, au cours de notre histoire. Tous les changements apportés ne servent que les intérêts mesquins d’un groupe et ceux de l’occident qui ne souhaite pas le changement en maintenu le statuquo qui leur arrange bien entendu car il est brut que notre sous sol est trop riche pour le laisser a la cause des petits noirs idiots que nous sommes. Où est donc le changement ?
Par notre entêtement à nous accaparer le pouvoir à tout prix, nous nous sommes attiré les moqueries des observateurs étrangers. En Haïti, quantitativement il y a plus de bouches à nourrir que de tonnes de nourriture disponibles. Un peuple affamé est une mèche allumée...
Un peuple noir vivant dans le noir…
Aujourd’hui, après le départ de Monsieur Préval au pouvoir et l’arrivée de monsieur Marthely en fin de mission, je parle de mission car vu l’ensemble de son œuvre, ce dernier avait bien une mission, nous sommes arrivés à l’heure du bilan. Qu’a-t-il fait de mieux que les autres ?
Après plus de deux cents ans d’indépendance et de misère nous devons faire notre mea culpa, notre mea maxima culpa. Ce n’est pas nécessaire de rejeter les fautes seulement sur les colons blancs, les colons noirs sont encore plus coupables. Que l’on ne fredonne plus cette rengaine ridicule : ceux sont les Américains qui empêchent Haïti de se développer, tandis que la République Dominicaine nous apporte le plus vif démenti. L’exemple vient d’en haut… Regarder Mr Pierre Louis Opont et ses sbires, regarder l’équipe tet kalé et vous comprendrez la réalité de notre pays.., peut être.
Dépouillons-nous de ce sentiment ridicule qui porte chaque Haïtien, instruit, analphabète et bête à penser qu’il est l’élu du destin. Nous avons passé plus de deux cents ans à couler la politique haïtienne dans ce moule. Nous avons assassiné, exilé, avili, humilié, appauvri les échantillons d’hommes les plus brillants de notre histoire. Nous n’avons rien réalisé de beau, de grand pour notre peuple sinon l’épopée de 1804.
En suivant plusieurs personnages sur la scène politique haïtienne, sur plusieurs décennies, à des instants précis de leurs vies, j’essaie, dans mon fort intérieur de brosser un portrait à la fois désabusé, pessimiste, un brun nostalgique sur nos rêves d’enfants. Je suis déstabilisé au départ par la forme narrative que j’ai eu à faire, mais très vite, la réalité haïtienne balaie mes réticences. Ce choix narratif m’a permis d’apprendre au détour d’une phrase, d’un paragraphe comment les héros de l’indépendance haïtienne étaient grands et intelligents, ce qui m’a permis de faire le lien entre chacun des protagonistes.

Je pense qu’il faut qu’on se rende à l’évidence : nous sommes incapables de mener ce pays à bon port.

Thelemaque Pierre




BÔ KAY NOU


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